Un espoir belge pour le traitement du Covid-19

Installée dans le Biopark à Gosselies, Delphi Genetics est l'une des plus anciennes spin-off de l'ULB. ©BELGAIMAGE

La biotech carolo Delphi Genetics a obtenu des résultats très prometteurs en laboratoire contre le nouveau coronavirus avec un traitement expérimental basé sur une thérapie génique.

Un nouvel espoir – qui plus est belge – dans la recherche d'un traitement contre le Covid-19: la société wallonne de biotechnologie Delphi Genetics a obtenu des résultats en laboratoire extrêmement prometteurs contre le nouveau coronavirus, avec un traitement expérimental basé sur une thérapie génique. Le projet vient de franchir le stade de la preuve de concept et va entrer en phase préclinique. Il n'en est donc encore qu'à ses premières étapes. Mais son développement clinique pourrait aller relativement vite en raison de l'urgence sanitaire – aucun traitement réellement efficace n'existe actuellement – et de l'absence d'effets secondaires en général dans ce type de thérapie, très ciblée.

"Il s'agit d'une thérapie génique. Le but est d'inactiver le virus dans les cellules dans lesquelles il est présent", explique le directeur scientifique et cofondateur de Delphi Genetics, Cédric Szpirer. "Une séquence d'acide nucléique va venir se fixer sur la séquence du virus de façon très spécifique, ce qui va enclencher dans la cellule infectée du patient un mécanisme qui va procéder à la destruction de la séquence du virus."

Trois candidats

En réalité, ce sont même plusieurs versions de ces thérapies géniques qui ont déjà été testées par trois laboratoires de l'ULiège, qui est un partenaire de longue date de la biotech wallonne. "Cela nous a permis d'identifier trois traitements candidats, dont un qui est vraiment intéressant, car il permet une inhibition à 100% du virus. On n'espérait pas atteindre un tel niveau au début du projet. Les deux autres sont à 80%", se réjouit Cédric Szpirer.

"Un des candidats est vraiment intéressant, car il permet une inhibition à 100% du virus."
Cédric Szpirer
Cofondateur et directeur scientifique de Delphi Genetics

D'après le scientifique, ces résultats pourraient aboutir à un traitement qui va permettre de soigner efficacement les patients infectés, mais ils pourraient également démontrer un certain effet vaccinal, même si ce n'est pas le premier effet recherché.

Trois ou quatre mois de travaux seront encore nécessaires avant de passer à quelques tests toxicologiques sur les animaux. Delphi espère ensuite que des essais cliniques sur l'humain "pourront démarrer le plus vite possible en 2021", avance Cédric Szpirer, qui précise qu'il faudra également trouver des "slots de production". "On peut produire une partie, mais pas tout, notamment les vecteurs viraux, qui ne sont pas de notre ressort."

Un spin-off de l'ULB

Installée dans le Biopark à Gosselies, Delphi Genetics, l'une des plus anciennes spin-off de l'ULB, reste en effet une CDMO (pour Contract Development Manufacturing Organization), c'est-à-dire une société qui signe des contrats de sous-traitance pharmaceutique bien définis. En l'occurrence, elle produit de l'ADN à façon, pour des thérapies géniques. Son métier n'est pas de développer les médicaments, mais elle possède "l'expertise pour construire tous les outils nécessaires à l'élaboration de ce médicament", selon son directeur scientifique. En plus de la production pour les clients, elle a toujours des programmes de recherche en son sein. Lancé au début de la pandémie, le projet contre le Covid-19 a pu démarrer très rapidement grâce à une aide de la Région wallonne, qui a déjà soutenu l'entreprise à plusieurs reprises.

"Il me parait assez logique que l'on discute avec des partenaires pharmaceutiques de ce développement."
François Blondel
Président et CEO de Delphi Genetics

"Nous n'avons pas vocation à aller beaucoup plus loin que ce que nous avons déjà fait", indique de son côté François Blondel, le président et CEO de l'entreprise, qui a rejoint Delphi il y a 5 ans, suite au renflouement de la société par quelques actionnaires et BNP Paribas Fortis. "Il me parait donc assez logique que l'on discute avec des partenaires pharmaceutiques de ce développement. Beaucoup d'options sont sur la table et des intérêts se sont manifestés. Je ne ferme aucune porte", fait-il valoir.

François Blondel, président et CEO de Delphi Genetics. ©Photo News

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés