Un nouveau test sérologique wallon

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Trois entreprises wallonnes s’unissent pour produire un test sérologique rapide à double marqueur pour détecter l’immunité contre le Covid développée dans la population.

Un test de plus ? Non, répondent en chœur les trois dirigeants des trois entreprises wallonnes derrière le nouveau test sérologique présenté ce lundi au ministre de l’Economie wallon, Willy Borsus (MR). Bonne nouvelle, après le test, qui annonce un taux de fiabilité de 92,5% en cas de réponse négative et de 98,5% en cas de résultat positif, Borsus n’a jamais été contaminé jusqu’ici.

Derrière ce nouveau test sérologique rapide, on trouve Coris Bioconcept (Gembloux), qui dispose d’une expertise de près de 20 ans dans le développement et la commercialisation des tests rapides, Unisensor (Seraing), qui développe et produit à grande échelle des outils de diagnostic, et Bio-X (Rochefort), spécialisé dans le diagnostic des maladies des animaux de production et qui à ce titre détecte différentes formes de coronavirus très présentes chez les animaux d’élevage. Coris et Bio-X ont travaillé sur le développement du test, Unisensor en assurera la production et il sera commercialisé par Coris.

Ce test sérologique révèle non seulement la présence d’anticorps, mais aussi la présence d’anticorps potentiellement neutralisants qui protégeront davantage le patient en cas de nouvelle exposition au virus.

En quoi ce test rapide se distingue-t-il des autres tests déjà "sur le marché" - dont celui de Zentech, que personne n’a voulu citer durant la présentation ? Celui-ci révèle ou non la présence passée du virus selon deux marqueurs : non seulement la présence d’anticorps, mais aussi la présence d’anticorps potentiellement neutralisants qui protégeront davantage le patient en cas de nouvelle exposition au virus.  

Cette double approche permet d’affiner les résultats et surtout d’élargir le spectre des résultats. "Nous avons pu observer jusqu’ici que pour certaines personnes, les résultats étaient plus performants avec la détection des antigènes et pour d’autres avec la détection des anticorps neutralisants", témoigne Jean-Luc Gala, immunologue de l’UCL.

1,256
million d'euros
C'est le financement octroyé par la Région wallonne au projet de test sérologique du consortium wallon. Soit 80 % des frais de développement.

La Région wallonne avait débloqué un budget global complémentaire de 25 millions pour financer des projets de recherche sur le coronavirus, toutes disciplines confondues. Le projet mené par ce consortium en fait naturellement partie. Il a reçu un financement de 1,256 million d’euros, soit 80% des frais de développement.

Toujours interdits à la vente

Actuellement, et jusqu’à une modification de la réglementation actuelle, ces tests rapides ne peuvent être vendus qu’aux laboratoires et pas aux médecins, ni en pharmacies à destination du grand public. La question fait débat entre certains scientifiques et le cabinet fédéral de la Santé. La vente de ces tests est toujours interdite, pour une période de 6 mois qui arrive à échéance le 17 septembre prochain. Qu’en sera-t-il au-delà ? Tout le monde botte en touche, y compris le ministre Borsus, et renvoie la balle dans le camp de Maggie De Block (Open Vld). Compétence fédérale oblige.

Les trois membres du consortium, tout comme les deux virologues invités, plaident pour un élargissement de l’utilisation de ces tests sérologiques.

"Le principe des tests sérologiques est de montrer la réponse immunitaire de la population. Si le test PCR permet de faire une photo à un moment donné de la présence du virus dans la population, le test sérologique est un film qui se poursuit sur une plus longue période et qui montre comment l’épidémie progresse ou régresse", note Bernard Rentier, virologue et ancien recteur de l’ULg.

Les trois membres du consortium, tout comme les deux virologues invités, plaident donc pour un élargissement de l’utilisation de ces tests sérologiques. "Au moins par les médecins généralistes !", martèle Gala, qui mène par ailleurs une large étude épidémiologique en Italie sur la base des tests de Zentech notamment. "Cela permettrait de mesurer comment la population résiste au virus et d’adapter les mesures restrictives et les gestes barrières en conséquence", poursuit-il.

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