Un nouvel appareil détecte la présence du covid dans l'air

Sapristic, spécialiste des logiciels de détection et contrôle en entreprises, vient de signer un contrat de distribution pour le Benelux de Biocloud kontroller. ©doc

Jean Martin a repéré l'invention canadienne en traquant les nouvelles technologies. Il lance la commercialisation du BioCloud Kontroler au Benelux.

Contrôler l'air ambiant dans une salle pour détecter rapidement la présence éventuelle du coronavirus? C'est désormais possible, et cela ne prend que trois minutes... Trois minutes à partir de l'entrée du virus dans la pièce, alors qu'il lui faut entre 10 à 15 minutes pour infecter une personne. On voit tout de suite l'intérêt d'une telle invention pour les organisations, les entreprises, les écoles, les hôpitaux, les administrations, etc. C'est une jeune pousse canadienne baptisée BioCloud, et née dans le giron du groupe Kontrol Technologies Corp, qui a mis au point un tel appareil. Et Mirrhia 4 International, une entreprise wallonne spécialisée dans les systèmes de monitoring à distance, vient de signer un accord de distribution avec les Canadiens pour commercialiser l'engin dans le Benelux.

"Je consacre deux à quatre heures par jour à la veille technologique."
Jean Martin
fondateur et CEO, groupe Sapristic

"Je passe beaucoup de temps à effectuer de la veille technologique, explique Jean Martin, fondateur et CEO du groupe néo-louvaniste Sapristic, dont fait partie les filiales Mirrhia 4 International et Biion. J'y consacre deux à quatre heures par jour. Et fin mai, j'ai repéré l'annonce faite par BioCloud."

Avec ou sans logiciel de gestion et d'alerte

Intéressé, l'entrepreneur a pris contact avec les Canadiens. Fort de son accord de distribution, il lance, dès ce mardi, la commercialisation de leur appareil en Belgique et chez nos voisins néerlandais et luxembourgeois. Sous deux formules: soit l'appareil seul, soit le "BioCloud Kontroler" couplé dans le cloud avec son propre logiciel Mirrhia, un système de monitoring connectant sur une plateforme centralisée tous les types de capteurs et traitant tous les types de signaux souhaités par l'organisation cliente. L'avantage de la formule couplée est que l'alerte covid donnée par l'appareil sera immédiatement transmise aux responsables santé et sécurité dans l'organisation, tandis que si l'on se contente de l'appareil simple, on ne disposera que de l'alerte affichée sur l'écran du "Kontroler", qu'il faudra donc aller consulter constamment.

Mirrhia 4 International propose soit d'acheter l'appareil et le logiciel, soit de les louer. La machine en soi coûte relativement cher: entre 10 et 12.000 euros, d'où l'intérêt de la location.

10 à 12.000 euros
prix de l'appareil
Le BioCloud Kontroler coûte entre 10 et 12.000 euros par unité, mais peut aussi être loué.

Comment ça marche? En deux mots, l'air dans la salle est aspiré en permanence par un respirateur dans la machine, qui soumet chaque nouvel échantillon à l'action d'un réactif. S'il y a des molécules de coronavirus dans le substrat, celles-ci vont, au contact du réactif, se gazéifier. Ce gaz sera ensuite examiné par laser, ce qui permettra d'en mesurer les changements de fréquences, synonymes de présence du virus. Le processus ne prend que trois minutes. Et l'examen se poursuit automatiquement avec de nouvelles prises d'air. Le réactif ne doit être réalimenté qu'une fois tous les trois ou quatre mois.

"Le système est breveté. Et il est en cours d'homologation auprès des autorités canadiennes de la santé."
Jean Martin
Fondateur et CEO, Sapristic

"Le système est breveté, précise Jean Martin. Et il est en cours d'homologation auprès des autorités canadiennes de la santé."

Difficile de dire, à ce stade, quel est le marché potentiel, mais si l'appareil confirme les espoirs qu'il suscite, il semble a priori très vaste. "Nous estimons qu'il y a jusqu'à un million d'organisations potentiellement intéressées dans le Benelux", lâche l'entrepreneur tout en concédant que le système est sans doute inabordable pour de simples commerces. Les Canadiens lui ont, en tout cas, assuré qu'ils seraient en mesure d'en produire plusieurs milliers par mois. Une heureuse perspective et une... revanche pour le groupe wallon qui était en réorganisation judiciaire en 2020 à cause de la crise covid.

Le résumé

  • Une jeune société canadienne, BioCloud, spin-off du groupe Kontrol Technologies Corp, a mis au point un appareil qui détecte rapidement la présence du coronavirus dans l'air.
  • L'entreprise wallonne Mirrhia 4 International (groupe Sapristic) a décroché auprès des Canadiens un accord de distribution pour le Benelux.
  • L'appareil est coûteux, mais peut se louer; il peut aussi intégrer un système de monitoring permettant d'avertir les bonnes personnes en temps réel.
  • Jean Martin (Mirrhia) estime que le potentiel commercial est très vaste.

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