Un remède au Covid-19 financé par des Belges

Chris Buyse, le directeur général de Fund+, souligne que les forces vives du projet ExeVir Bio ont été réunies en un temps record. ©Kristof Vadino

Des chercheurs et des fonds belges s'unissent pour aider la spin-off ExeVir Bio à mettre au point un traitement des patients atteints par le virus.

Une solution thérapeutique pour soigner les patients atteints du coronavirus qui soit "made in Belgium": c'est le projet que met actuellement au point ExeVir Bio, une nouvelle spin-off belge, avec le concours de quelques-uns des principaux acteurs que compte notre pays dans le secteur. Des chercheurs du VIB (Vlaams Instituut voor Biotechnologie, Institut flamand de la biotech), UCB Ventures, le bras de venture capital du groupe biopharma UCB, le fonds belge dédié aux sciences de la vie Fund+ et la Société fédérale de Participations et Investissement (SFPI) ont réuni leurs forces pour donner les moyens à ExeVir Bio d'accélérer le développement de sa thérapie antivirale basée sur des anticorps de lama. "Une collaboration unique", qui s'est nouée "en un temps record", souligne Chris Buyse, le directeur général de Fund+. Au passage, ils ont levé 23 millions d'euros pour financer ce projet prometteur.

23
Millions €
ExeVir Bio a récolté 23 millions d'euros à l'issue d'une levée de fonds dirigée par Fund+.

Ce sont des scientifiques du VIB (Université de Gand) qui, sous la direction des professeurs Xavier Saelens et Nico Callewaert, ont démontré dans des études précliniques que certains anticorps de lama sont capables de neutraliser le coronavirus. Plus petits que les anticorps humains, ces anticorps peuvent se fixer à des parties du virus inaccessibles aux premiers. L'actif principal mis au point par ExeVir Bio se lie avec un épitope (un déterminant antigénique) pour empêcher le virus d'entrer dans la cellule.

La fin de l'année, une échéance phare

La nouvelle spin-off va exploiter la plateforme technologique de nanocorps qu'elle a elle-même développée pour générer des thérapies virales offrant une large protection contre le coronavirus. "La puissante technologie de plateforme d'ExeVir basée sur les anticorps de camélidés mérite une place particulière parmi les nombreuses initiatives prises et peut jeter les bases d'une thérapie réussie pour lutter contre les futures pandémies", commente Koen Van Loo, le directeur général de la SFPI.

"Grâce au financement, nous pourrons rapidement faire progresser le développement de notre composé phare en études cliniques d'ici la fin de l'année."
Torsten Mummenbrauer
PDG, ExeVir Bio

UCB soutiendra la formulation du principal remède candidat et produira les lots GMP (une norme de qualité pour leur fabrication) pour les essais cliniques.

"Nous nous engageons dans l'effort international contre le Covid-19 pour soutenir les systèmes de santé et offrir un accès mondial à notre nouveau traitement", souligne Torsten Mummenbrauer, le PDG d'ExeVir Bio. Grâce au financement (de 23 millions), nous pourrons rapidement faire progresser le développement de notre composé phare en études cliniques d'ici la fin de l'année."

Soigner et prévenir

L'approche choisie par la spin-off pourra non seulement être utilisée comme thérapeutique, pour soigner les victimes du Covid-19, mais également comme prophylactique, c'est-à-dire pour prévenir la maladie, précisent encore les pères du projet. L'objectif est aussi, à terme, de déployer d'autres thérapies à base d'anticorps "contre un large éventail d'infections virales". Dans son objet social, ExeVir Bio recense d'ailleurs expressément les différentes souches connues de l'espèce virale SARS-CoV: SARS-CoV-1, MERS-CoV, etc.

Concrètement, c'est Fund+ qui a contribué à la création de la spin-off avec la VIB et le gouvernement flamand. La nouvelle société a vu le jour devant notaire le 9 juillet dernier. C'est également Fund+ qui a organisé la levée de fonds qui a manifestement été menée en un temps record. Outre les partenaires déjà cités, plusieurs family offices belges y ont également contribué, de même que V-Bio Ventures, un fonds voué comme Fund+ aux sciences de la vie mais avec un accent plus marqué sur les spin-offs et start-ups. Dans le détail, Fund+ et ses co-investisseurs ont versé 8 millions, UCB en a promis autant, la SFPI a mis 5 millions, V-Bio et le VIB ont fait des apports en nature et versé 1,5 million.

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