Un traitement anticancéreux à partir de plantes

ATB Therapeutics développe une nouvelle molécule anticancéreuse produite à partir de plantes. Premières cibles, certains cancers du sang. La biotech veut étendre ses recherches.

Les trois chercheurs sont partis d'une page blanche sur laquelle ils ont déterminé les propriétés d'une nouvelle molécule qui attaquerait les cellules cancéreuses, en limitant autant que possible les dommages sur les tissus sains et le phénomène de résistance aux traitements et de rechute. Puis ils se sont demandé comment la produire. La solution est venue de plantes.

"L'ATB va agir comme un missile à tête chercheuse qui va cibler les cellules cancéreuses et y déposer un cheval de Troie qui les détruira de l'intérieur."
Bertrand Magy
Cofondateur d'ATB Therapeutics

En substance, c'est le cheminement qu'ont suivi Bertrand Magy, Max Houry et Ludwig Camusot, les associés fondateurs de ATB Therapeutics. La startup biotech n'a encore que trois ans d'existence et n'en est encore qu'au stade préclinique de son développement, mais les perspectives sont plus que prometteuses et suscitent l'intérêt du monde médical et pharmaceutique.

Cheval de Troie

"Pour trouver une alternative aux traitements chimiques actuels, nous sommes partis d'agents biologiques, les ATB (antibody toxin bioengineered), qui répondent aux critères que nous nous sommes fixés. Cet agent va agir comme un missile à tête chercheuse qui va cibler les cellules cancéreuses et y déposer un cheval de Troie qui les détruira de l'intérieur", précise Bertrand Magy.

L'idée de base est rapidement validée lors d'exposés ou de publications par le monde pharmaceutique, de même que par un comité scientifique. Restait à trouver la solution afin de produire ces agents toxiques pour les cellules cancéreuses. La solution vient donc d'une plante, la nictona benthamiana, cousine du plant de tabac, à laquelle on injecte une bactérie. En réaction, la plante produira la molécule nécessaire.

Créée en 2018, ATB Therapeutics s'est implantée sur le parc Novalis de Marche-en-Famenne, "où nous avons trouvé toutes les installations nécessaires en matière de recherche et de laboratoires, davantage que dans les grands centres biotechs wallons que sont Liège ou Gosselies", précise Max Houry. ATB Theapeutics a depuis levé 5 millions d'euros auprès des fondateurs et d'InvestSud notamment, mais aussi auprès de la fondation Fournier-Majoie et - sous la forme de subsides à la recherche -de la Région wallonne.

Prochaine étape de son développement, installer une unité de production pour poursuivre les recherches sur une plus grande échelle. "Nous nous focalisons dans un premier temps sur des cancers hématologiques, mais il existe d'autres perspectives pour des cancers solides." Pour la suite, la jeune entreprise devra donc trouver des capitaux frais. Des contacts sont en cours en Belgique, en Europe et aux États-Unis pour trouver de nouveaux bailleurs de fonds. En visite à Marche ce vendredi, Willy Borsus, ministre wallon de l'Économie, a en tout cas assuré les fondateurs du soutien de la Région.

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