Une goutte de sang contre le cancer

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La grosse artillerie des chimiothérapies utilisées pour traiter le cancer va-t-elle laisser la place à des armes médicales "intelligentes", capables de repérer de loin l’envahisseur?

Outre des traitements chimiques et radiothérapeutiques mieux ciblés, les chercheurs centrent leur attention sur le diagnostic, par exemple en affinant les marqueurs sanguins des cancers.

La société Belgian Volition a choisi de porter ses efforts sur le repérage précoce des tumeurs cancéreuses. Cette filiale belge de VolitionRx , une société américaine sans actifs locaux cotée à New York depuis février dernier, centralise tout le volet opérationnel de Singapore Volition, la société faîtière créée en 2007 par des investisseurs australiens et britanniques.

Comment une entreprise singapourienne ayant des ramifications aux États-Unis en est-elle arrivée à installer son unité opérationnelle à Namur? Parce qu’un scientifique wallon, Patrick Rousseau, travaillait pour une société britannique rachetée par Singapore Volition. Ce dernier a vanté les facilités offertes par la Wallonie en matière d’aides à la recherche et de logistique.

Deux chercheurs

Belgian Volition a démarré ses activités en 2010 avec deux chercheurs. Installée dans un laboratoire de l’Université de Namur, au cœur de la capitale wallonne, celle-ci se focalise sur le développement d’un dispositif permettant de détecter des cancers très en amont avec une simple goutte de sang.

35%
35 % des patients atteint d'un cancer colorectal meurent dans les cinq ans qui suivent la détection de la maladie.

Elle a choisi de se focaliser dans un premier temps sur le cancer colorectal, le troisième en importance avec près de 1,4 million de cas diagnostiqués en 2012. Le temps d’incubation de cette maladie s’étend sur dix à quinze ans, et quand le diagnostic est posé, il est souvent trop tard: 35 % des patients meurent dans les cinq ans qui suivent la détection de la maladie.

D'une simple goutte de sang 

Tout l’enjeu est donc de diagnostiquer le cancer colorectal le plus tôt possible. VolitionRx a mis au point une technologie basée sur les nucléosomes, un assemblage de protéines (les histones) et d’ADN qui permet de détecter un cancer de manière précoce avec une simple goutte de 20 microlitres de sang. Plus simple et moins rebutant que la collecte de matières fécales ou la coloscopie que nécessitent les systèmes actuels de diagnostic.

VolitionRx possède aujourd’hui huit brevets sur sa plateforme Nucleosomics, qu’elle entend bien étendre au diagnostic d’autres cancers (prostate et pancréas actuellement) et d’autres pathologies, comme l’endométriose, une maladie gynécologique.

Gaëtan Michel, le patron de Belgian Volition, cherche déjà, de préférence dans le Namurois, une terre d’accueil pour la future unité opérationnelle de Belgian Volition. ©Anthony Dehez

"Les preuves de concept ont donné des résultats très prometteurs. Nous validons actuellement des tests sur des échantillons cliniques de 5.000 patients et devrions pouvoir présenter les résultats d’ici septembre", explique Gaëtan Michel, le directeur opérationnel de Belgian Volition.

Pour ce biochimiste venu de Bone Therapeutics, le potentiel offert par la technologie Nucleosomics est énorme. À terme, les revenus pourraient se chiffrer en centaines de millions d’euros. Mais ce ne sera pas pour tout de suite: la première mise sur le marché n’est pas attendue avant 2017 ou 2018.

Fidèle à la Wallonie

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Belgian Volition gardera toutes les activités opérationnelles en Wallonie. D’ici un an, l’entreprise devrait voir ses effectifs passer de neuf à quinze. Suivra l’embauche de personnel de logistique et de vente.

L’entreprise est déjà à la recherche d’un site apte à accueillir son futur centre de recherche et de distribution. "Nous cherchons de préférence un lieu d’accueil dans la région de Namur. Le parc Crealys, par exemple, serait une solution idéale", dit-il.

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