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Univercells veut démocratiser la technologie de l'ARN messager

José Castillo va diriger Quantoom Biosciences, la nouvelle filiale "Innovation" du groupe Univercells. ©Kristof Vadino

La biotech carolo crée une nouvelle filiale, Quantoom Biosciences, qui sera spécialisée dans l'ARN messager. Objectif: faire baisser les coûts de cette nouvelle technologie.

Utilisée pour mettre au point, en un temps record, des vaccins très efficaces contre le coronavirus, la désormais célèbre technologie de l’ARN messager va très certainement s'imposer contre d'autres maladies. Elle n'a sans doute qu'un inconvénient: son prix, décrit comme plus élevé que celui d'autres méthodes.

Société fondée sur l'idée de produire des vaccins à bas prix, la biotech wallonne Univercells estime pouvoir résoudre ce problème. Elle a donc créé une filiale, Quantoom Biosciences, dédiée à la mise au point de nouveaux procédés de fabrication de vaccins et de traitements à ARN messager moins onéreux.

"L'industrie du vaccin a changé. Il est clair que la technologie de l'ARNm va se développer de façon très importante."
José Castillo
CEO de Quantoom Biosciences

La nouvelle entreprise, en cours d'installation à Nivelles sur le site d'une autre filiale du groupe (Univercells Technologies), "deviendra le véhicule d'innovation technologique du groupe, avec une nouveauté, à savoir une compétence de développement clinique et pharmaceutique, qui nous permettra de gagner du temps et de la crédibilité pour la commercialisation de nos plateformes" explique José Castillo, Chief technical officer (CTO) et cofondateur d'Univercells, qui dirigera la nouvelle entité.

Des barrières à l'entrée

Quantoom Biosciences entend diminuer fortement les barrières à l'entrée pour que les sociétés qui ne sont pas encore dans les vaccins à ARNm puissent y accéder. "Les autres technologies ne vont pas disparaître, mais les plus rapides ont bien été les vaccins à ARNm, suivis par les adénovirus" poursuit José Castillo. "Il s'agit d'une technologie qui a été validée en moins d'un an, et qui n'a quasiment pas entraîné d'effets secondaires après l'administration de plusieurs centaines de millions de doses. L'industrie du vaccin a donc changé. Il est clair que cette technologie va se développer de façon très importante pour tous les vaccins et certaines thérapies, notamment contre le cancer" fait-il valoir.

Avec une dose vendue aux environs de 19 euros, Pfizer et BioNTech sont réputés pour fournir l'un des vaccins anti-Covid-19 les plus onéreux. Et ce n'est sans doute que provisoire, puisque le géant américain a laissé entendre que ce prix pourrait même être multiplié par 10 à l'avenir. "Nous avons fait des estimations de coûts. Avec les processus et les ingrédients actuels, notre analyse, c'est qu'à 19 euros, Pfizer et BioNTech ne font pas d'argent!" avance José Castillo, qui estime que les ingrédients nécessaires pour l'ARN messager coûtent déjà à eux seuls 18 euros la dose, même si Pfizer dispose certainement de leviers que n'ont pas les laboratoires plus modestes.

100
Un des principaux défis de Quantoom sera de réduire les coûts des six principaux entrants – comme l'ADN, des enzymes ou des réactifs très spécifiques – d'un facteur 100.

Quantoom Biosciences travaille donc sur un système de production avec des ingrédients et des processus différents. Une sorte de "NevoLine" pour ARN messager, du nom de la première plateforme mise au point par Univercells pour produire des vaccins viraux et des biomédicaments. "Les principes d'ingénierie de base sont les mêmes, mais nous aurons un nouveau système de réacteur, un nouveau système de récolte et un nouveau système de purification" explicite le CEO. Un des principaux défis sera de réduire les coûts des six principaux entrants – comme l'ADN, des enzymes ou des réactifs très spécifiques – "d'un facteur 100, en leur trouvant des substituts, ou grâce à de nouvelles façons de produire qui éliminent certains ingrédients", s'enthousiasme José Castillo.

Pas question de viser le Covid-19

Cette nouvelle plateforme d'ARNm, à laquelle les autres filiales d'Univercells apporteront leur soutien, sera fournie à des CDMO (sociétés de sous-traitance) et à des entreprises pharmaceutiques pour des nouveaux vaccins ou traitements. "Je ne proposerais pas ces nouveaux procédés – qui s'accompagnent de modifications en amont sur les ingrédients – pour des produits matures et reposant sur un business éprouvé, notamment en termes de sécurité. Mais ici, on peut le faire puisque l'ARNm, n'en est qu'à ses débuts", indique José Castillo. Mais pas question de viser le Covid-19. "Ce serait illusoire. Personne ne va changer ses moyens de production. Ce n'est pas le moment d'aller prendre ce genre de risque." En revanche, le marché sera bien là: les estimations indiquent qu'en 2030, il devrait y avoir quelque 200 sociétés qui seront dans la production de produits à ARN messager.

Quantoom veut aller très vite: elle dévoilera prochainement un premier accord de partenariat technologique avec une société pharmaceutique. La nouvelle filiale d'Univercells, qui compte déjà une quarantaine de personnes, ambitionne de lancer un premier système de production d'ARNm opérationnel en septembre 2022.

Le résumé

  • La biotech carolo Univercells a créé une filiale, Quantoom Biosciences, dédiée à la mise au point de nouveaux procédés de fabrication de vaccins et de traitements à ARN messager moins onéreux.
  • Un des principaux défis sera de réduire les coûts des entrants de l'ARNm d'un facteur 100, en leur trouvant des substituts.
  • Les estimations indiquent qu'en 2030, il devrait y avoir quelque 200 sociétés qui seront dans la production de produits à ARN messager.
  • Dirigée par José Castillo, cette nouvelle filiale "innovation" d'Univercells annoncera un accord avec un laboratoire pharmaceutique prochainement.

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