Y a-t-il trop de dirigeants chez Janssen Pharmaceutica?

Du fait que quasi 6 travailleurs sur 10 ont un statut de cadre chez Janssen Pharmaceutica, les syndicats estiment ne pas pouvoir correctement soutenir le personnel de l'entreprise de Beerse. ©REUTERS

Les syndicats de l'entreprise pharmaceutique dénoncent le fait que 59% des membres du personnel sont sous statut de dirigeants alors que la CCT négociée avec la direction n'est valable que pour les employés. Ils se tournent vers les tribunaux.

Il y a beaucoup trop de personnel dirigeant au sein de Janssen Pharmaceutica, filiale belge du groupe Johnson & Johnson, selon les syndicats. D'après eux, cette situation risque de compromettre la convention collective de travail de l'entreprise pharmaceutique de Beerse. Ils se sont donc tournés vers la justice.

59%
du personnel
2.900 des 4.900 salariés que compte Janssen Pharmaceutica ont un statut de cadre.

"À cause de cela, nous pouvons apporter un moins grand soutien syndical au personnel", explique Peter Goris du syndicat chrétien ACV aux journaux de Mediahuis. "Les relations sociales sont complètement perdues, ou mal utilisées. C'est même un abus délibéré du concept de personnel cadre dans la procédure des élections sociales 2020", ajoute le syndicat socialiste.

Les personnes que nous recrutons doivent répondre à des exigences scientifiques et technologiques de plus en plus élevées.
Janssen Pharmaceutica

Selon les syndicats, l'entreprise compte aujourd'hui 2.900 dirigeants sur un total de 4.900 salariés. "59% du personnel sont des dirigeants. En 2004, ce chiffre était encore de 35%. La convention collective de travail négociée avec la direction a donc moins d'impact, car la CCT n'est valable que pour les employés", dénoncent-ils. "L'accord conclu en 2019 sur la fin de la notion de travailleurs laisse un arrière-goût amer. À cette époque, la direction s'était montrée muette face aux médias sur la fin de la discrimination entre les employés et la société bénéficiait d'un bon dialogue social . Mais elle a introduit une nouvelle discrimination de l'autre côté."

La technologie en cause

Dans le chef de la direction, on indique que cette évolution est logique compte tenu du développement technologique. "Nous sommes une entreprise de haute technologie", indique le porte-parole Tim De Kegel. "Les personnes que nous recrutons doivent répondre à des exigences scientifiques et technologiques de plus en plus élevées. Ensuite, il est logique que nous ayons plus de cadres."

Tim De Kegel ajoute que l'entreprise utilise un système à points pour évaluer les objectifs. Ce système détermine aussi qui deviendra ou pas manager. La direction regrette aussi l'option judiciaire choisie par les syndicats au détriment de la discussion interne.

Le procès pourrait s'ouvrir devant le tribunal du travail de Turnhout fin janvier ou début février. Objectif: pouvoir statuer avant les élections sociales de mai.

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