ZenTech demande à l'État de lui verser ses 6,5 millions d'euros d'indemnités

Les tests sérologiques de ZenTech ont été utilisés en première ligne comme tests de référence pour le déconfinement en Italie, dans la région de Turin. ©BELGA

ZenTech appelle l'État belge à exécuter la transaction à l'amiable décidée dans le feuilleton des tests sérologiques et comprenant une indemnité de 6,5 millions d'euros.

Nouveau rebondissement dans la saga des tests de ZenTech: la société liégeoise attend toujours que l'État belge exécute la transaction à l'amiable comprenant une indemnité de 6,5 millions d'euros en sa faveur. "À ce jour, la convention de règlement amiable n'a été ni signée ni mise en œuvre par l'État belge", déplore, ce jeudi, ZenTech dans un communiqué.

Basée dans le parc scientifique de Liège, l'entreprise a développé un test sérologique de détection rapide des anticorps qui se développent en réaction au coronavirus. Sur base de la validation scientifique du produit effectué par le CHU de Liège, l'État avait pris l'initiative de passer commande pour 3.650.000 tests sérologiques en avril.

"Cette convention à l'amiable n'a cependant été ni signée ni mise en œuvre par l'État belge malgré l'accord de l'Inspection des finances et du ministre fédéral du Budget".
ZenTech

Convention à l'amiable

Mais selon la société, l'État belge a fait preuve de carence dans l'exécution de son contrat. Elle avait décidé, dès lors, d'introduire une action devant le tribunal des référés de Liège pour que soient respectés les termes de ce contrat. Dans son ordonnance du 8 septembre, le tribunal de première instance a donné raison à ZenTech et condamné l'État belge à exécuter et mettre en œuvre le contrat, sous peine d'une astreinte journalière de 10.000 euros.

3.650.000
tests
L'État avait passé commande pour 3.650.000 tests sérologiques en avril.

En prolongement de ce jugement, l'État belge, représenté alors par les ministres de l'époque Philippe De Backer (chargé de la politique de dépistage) et Maggy De Block (Santé), avait, pour clore le conflit, rédigé une transaction amiable portant sur le règlement d'une indemnité de 6,5 millions d'euros. L'ex-ministre De Backer avait indiqué à l'occasion que ces tests ne seraient finalement pas mis sur le marché, en raison d'une sensibilité trop basse, selon lui. Ce que ZenTech a toujours contesté.

"Cette convention à l'amiable n'a cependant été ni signée ni mise en œuvre par l'État belge malgré l'accord de l'Inspection des finances et du ministre fédéral du Budget", a déploré l'entreprise dans son communiqué. Celle-ci a également envoyé au nouveau ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, un courrier, resté lettre morte. "Devant cette nouvelle carence grave de l'État, ZenTech a fait procéder à la signification de l'ordonnance rendue le 8 septembre dernier par le président du tribunal de première instance de Liège."

Tests utilisés en Italie

Les tests sérologiques de ZenTech avaient été certifiés fin avril par l’Agence fédérale des médicaments  et des produits de santé (AFMPS). Ils ont été utilisés en première ligne comme tests de référence pour le déconfinement en Italie. Ils ont déjà servi lors d’une campagne à grande échelle dans la région de Turin.

L'avantage de ces tests sérologiques est double. Réalisés via le prélèvement d'une goutte de sang, ils sont rapides (15 minutes maximum). Et comme ils ciblent à la fois les anticorps de lutte contre le Covid et les "anticorps mémoire" qui révèlent une immunité, leur fiabilité garantit un maximum de 2,5% de tests faussement négatifs.

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