GBL clôture sa longue histoire avec Total

GBL avait évoqué, à l’assemblée générale d’avril, la cession de sa participation résiduelle dans Total. Il donne maintenant plus de détails. Frédéric Pauwels/HUMA ©Frédéric Pauwels / HUMA

Le holding des familles Frère et Desmarais a cédé les actions qu’il détenait encore dans le géant pétrolier et gazier Total. Il a aussi vendu pour la première fois des titres Adidas.

GBL , qui a publié ce mercredi ses résultats trimestriels, a donné plus de détails sur la cession de sa participation résiduelle de 0,6% dans le capital du groupe Total, une cession évoquée lors de l’assemblée générale du 24 avril. Il a finalisé l’opération en mars et en avril, au travers de ventes à terme dont l’échéance est fixée au 24 janvier 2020. Ces ventes ont fait l’objet d’un prépaiement: GBL a déjà reçu 771 millions d’euros suite à ces ventes, qui génèrent une plus-value de 411 millions d’euros. "Une des raisons pour lesquelles nous avons procédé à une opération à terme, c’est que nous bénéficierons toujours de la contribution du dividende de Total en 2019", précise Xavier Likin, le directeur financier du holding.

Avec cette opération, GBL clôture un important chapitre de son histoire et finalise sa sortie du secteur de l’énergie, amorcée en 2013, suite à l’arrivée de Gérard Lamarche et de Ian Gallienne à la tête du groupe.

Le géant pétrolier français faisait partie de son portefeuille depuis 1998, suite à la vente par Albert Frère de la société belge Petrofina à Total. Le holding avait déjà, en 2017, vendu le solde de sa participation dans Engie, autre participation historique du groupe, puisque GBL était entré dans le capital de Suez en 1996.

Au premier trimestre, GBL a également saisi l’occasion de monétiser une petite partie de sa participation dans le fabricant allemand d’articles de sport Adidas: il a vendu 0,3% du capital, pour revenir à un niveau de détention de 7,50%, ce qui lui a permis de générer une plus-value de 86 millions d’euros.

2,8 milliards de munitions

"Ces cessions, qui représentent un montant global de 911 millions, nous permettent de renforcer notre flexibilité financière, commente Xavier Likin. Nous disposons désormais de 2,8 milliards d’euros de profil de liquidité, en trésorerie brute et en lignes de crédit non tirées, sans compter les ventes des titres Total, pour investir dans de nouveaux actifs qui sont dans notre radar, ou pour nous renforcer dans certaines participations existantes. L’instabilité des marchés a des effets négatifs, mais peut aussi offrir de belles fenêtres d’opportunité."

"Nous disposons désormais de 2,8 milliards de profil de liquidité pour saisir les opportunités."
Xavier Likin
directeur financier de GBL

La dernière opération importante de ces derniers mois, c’est le lancement, le 26 avril, d’une offre publique d’acquisition par GBL avec le fonds EQT et le holding Alba sur les actions du groupe espagnol de parcs d’attraction Parques Reunidos. Une opération d’une ampleur relativement limitée, puisqu’elle représente 1% environ de l’actif net réévalué du groupe, mais qui a pour objectif d’accroître l’exposition de GBL aux actifs privés et d’accélérer la mise en œuvre de la stratégie de Parques Reunidos, centrée sur l’optimisation des parcs existants, mais aussi des acquisitions.

Au premier trimestre, GBL a bénéficié du rebond significatif des marchés boursiers, que son CEO Ian Gallienne, désormais seul à la tête du groupe, attribue au revirement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine et à l’évolution positive des discussions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Cela a permis a l’actif net réévalué de progresser de 14,1%, pour s’établir à 18,5 milliards à fin mars.

Les résultats du premier trimestre sont traditionnellement peu représentatifs pour GBL, une part importante des dividendes étant encaissée à partir du deuxième trimestre. Les ‘cash earnings’, élément financier clé pour un holding, sont cependant en hausse significative de 18,3%, à 99,7 millions d’euros. Une progression qui s’explique notamment par l’augmentation du dividende du suisse SGS.

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