Ian Gallienne (GBL): "Nos poches sont solides et profondes"

D'après le CEO Ian Gallienne, les liquidités dont dispose GBL devraient lui permettre de soutenir les sociétés en portefeuille "si elles venaient à en avoir besoin". ©Frédéric Pauwels / HUMA

Fort de 4 milliards d'euros de liquidités, le holding des familles Frère et Desmarais se dit prêt à faire face aux risques liés au coronavirus. GBL se félicite également d'avoir clôturé une année 2019 "très satisfaisante".

"Dans un contexte d'incertitudes majeures, nous allons poursuivre sur la même voie. À savoir celle d'une approche de portefeuille voulu équilibré et résilient", a expliqué le CEO Ian Gallienne en marge de la présentation des résultats annuels de GBL  ce mercredi. "Nos poches sont solides et profondes."

Le patron du holding des familles Frère et Desmarais s'est voulu rassurant sur les risques liés à l'épidémie de Covid-19 pour le groupe. "On a 4 milliards d'euros (fin 2019, NDLR) de liquidités disponibles, ce qui devrait nous permettre de saisir des opportunités sur le marché ou de soutenir nos sociétés en portefeuille si elles venaient à en avoir besoin."

Des opportunités et un portefeuille à suivre de près

Concernant le premier scénario, des cibles sont d'ailleurs sur le radar. "Mais on va être prudent car à ce stade, on n'est pas sûr d'avoir vu la fin de la correction observée en ce moment."

"Adidas, c'est une dette nette négative et du cash en réserve."
Ian Gallienne
CEO de GBL

Pour ce qui est du second, cela pourrait, là aussi, faire sens, certaines entreprises venant rapidement à l'esprit au vu de leur exposition à la Chine ou au tourisme. C'est le cas d'adidas, par exemple, avec ses 15.000 points de vente rien que dans l'Empire du milieu, ou de Parques Reunidos, avec sa soixantaine de parcs d'attraction (dont Bobbejaanland) dans le monde. Aubaine ou non, "un certain nombre d'actifs en portefeuille sont devenus bon marché aujourd'hui", évoque le CEO. Les temps pourraient donc être propices à une montée en puissance.

Pour le reste, quand adidas reculait de près de 10% en bourse, l'équipementier sportif s'attendant à une baisse de 800 millions à 1 milliard d'euros de son chiffre d'affaires au premier trimestre, il est important de noter que "l'action n'est pas passée d'une des meilleures d'Europe à une des plus mauvaise en un mois et demi pour cause de coronavirus. L'action est exposée, oui, mais reste favorable".

Après tout, "adidas, c'est une dette nette négative et du cash en réserve", tempère Ian Gallienne. "C'est pourquoi nous restons très confiants. Car ce que le marché punit, c'est le manque de visibilité. Alors que les tendances de fond, elles, restent extrêmement fortes, avec un gain en popularité du sport, de la santé, de l'athleisure,…"

705 millions
d'euros
GBL affiche un résultat net consolidé en hausse de 7% sur un an, à 705 millions d'euros.

Une année 2019 "très satisfaisante"

Voilà pour le prospectif. Pour ce qui est de l'année écoulée, la performance aura été solide et "très satisfaisante", a martelé le CFO Xavier Likin. De fait, GBL affiche un résultat net consolidé en hausse de 7% sur un an, à 705 millions d'euros, et un actif net réévalué de 20,3 milliards, contre 16,2 un an auparavant. Et ce, grâce à un ensemble de cessions de participations (pour près de 2 milliards d'euros, opérations liées à la filiale Sienna Capital incluses) ayant amené à une plus-value de 850 millions d'euros.

3,15 euros
par action
GBL propose de distribuer un dividende brut de 3,15 euros par action, en hausse de 2,6% sur un an.

Pour ce qui est des cash earnings, une augmentation de 30,5%, à 595 millions d'euros, est à noter. Elle est en partie liée à de l'exceptionnel, avec le remboursement, effectué par les autorités fiscales françaises, de retenues à la source pratiquées sur des dividendes Engie et Total perçus entre 2013 et 2016 pour un montant global de 127 millions. Elle est "aussi liée à la hausse significative des dividendes nets perçus des participations sur la période", indique Xavier Likin. Ces dividendes "ont augmenté de 44 millions pour atterrir à 488 millions".

Introduction du droit de vote double

Enfin, GBL a annoncé la proposition de distribuer un dividende brut de 3,15 euros par action, en hausse de 2,6% sur un an, pour paiement à partir du 7 mai prochain, sous réserve de l’approbation par l'AGO du holding qui se tiendra le 28 avril.

Une AG extraordinaire sera également convoquée pour adapter les statuts au nouveau Code des sociétés et associations et introduire le droit de vote double. L'opération de simplification de la structure de détention annoncée plus tard en soirée par Pargesa, l'actionnaire de contrôle, sera liée à l'approbation de ce dernier point.

Les familles Frère et Desmarais bientôt actionnaires directs

Les familles Frère et Desmarais seront bientôt actionnaires directs de GBL. Elles ont lancé, en effet, une offre sur Pargesa Holding via leur holding commun Parjointco mercredi en soirée.

Au terme de l’opération, et grâce à l'introduction des droits de vote double, elles seront amenées à contrôler environ 45% de GBL.

Jusqu’ici, le holding suisse détenait le holding "en droits", avec une participation majoritaire dans Pargesa, à son tour actionnaire à 50% du holding belge.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés