Changement d'actionnariat en vue pour Econopolis

L’avenir d’Econopolis, le gestionnaire de patrimoine personnifié par Geert Noels, pose question après le départ annoncé de ses grands actionnaires Leysen et Vandeurzen.

Geert Noels, ancien économiste-vedette de Petercam, et Geert Wellens (ex-Mediafin, éditeur de L’Écho), ont créé la société Econopolis en 2009 pour proposer des services de conseils financiers indépendants, et surtout à contre-courant des départements des banques traditionnelles. Outre cette activité de conseil (stratégique et de rachat), Econopolis investit également dans du private equity.

Les deux actionnaires historiques de la firme belge – la famille de Mark Leysen (la cheville ouvrière du courtier d’assurances Van Breda Risks and Benefits) et Urbain Vandeurzen (ex-président de Gimv) – sont sur le point à présent de vendre leurs parts (soit, à eux deux, 45% du capital de la société valorisée en 2009 à 3 millions d’euros), écrit De Standaard, une information qui a été confirmée à notre rédaction.

Motivation double

La stratégie de la société ne fait plus l’unanimité. Vandeurzen et Leysen souhaitent qu’elle change d’échelle. Noels le refuse résolument depuis des années.

Les actionnaires concernés se refusent à tout commentaire mais, selon nos informations, cette prochaine sortie du capital s’expliquerait pour deux raisons.

Primo, la stratégie d’Econopolis fait débat. Vandeurzen et Leysen souhaitent que la firme change d’échelle. En réalité, un tel mouvement a déjà été initié sous la pression de la nouvelle directive européenne de protection des consommateurs MiFID II et de la numérisation. Mais Geert Noels rejette tout changement d’échelle de grande ampleur. Pour lui, passer à la division supérieure signifierait la perte de l’identité de la firme. Dans son livre récent "Gigantisme ", il critique d’ailleurs férocement cette course effrénée à la taille.

Et il avait quitté la société boursière Petercam pour cette même raison: privilégier la taille humaine et l’éthique. "De nombreux gestionnaires de fortune semblent avoir oublié les leçons des erreurs du passé (lisez: la crise financière) et en reviennent aux méthodes traditionnelles. Ils privilégient à nouveau l’intérêt de leur entreprise, au détriment de celui du client. C’est pour cette raison que nous avons lancé une petite société, à partir d’une page blanche. "

Seconde raison: les actionnaires précités sont confrontés à un nombre croissant de conflits d’intérêts. Ainsi, Mark Leysen était, jusqu’à la mi-avril, administrateur de la Bank Delen, la banque privée d’Ackermans & van Haaren, dont la gestion de fortune est le métier. De son côté, Urbain Vandeurzen pratique aussi le private equity à travers Smile Invest.

Immobilier

La suite logique serait une reprise d’Econopolis par sa direction. Mais Geert Noels et son équipe peuvent-ils financer ce management buy out ? C’est toute la question. Et que vont devenir les actions de Geert Wellens ? Le cofondateur de la société financière n’y exerce plus une fonction opérationnelle. Il se consacre à présent au fonds immobilier Triginta, spécialisé dans la réaffectation de l’immobilier religieux et des hôpitaux.

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