GBL va jouer l'effet de levier sur Webhelp

©Frédéric Pauwels / HUMA

GBL s’apprête à prendre le contrôle de Webhelp, actif notamment dans les call centers. Une transaction qui va être financée pour une bonne part par un emprunt conclu par la société cible.

GBL, le holding d’investissement des familles Frère et Desmarais, est en négociations exclusives avec KKR pour prendre le contrôle du groupe français Webhelp, leader européen dans l’externalisation de "l’expérience client" – ses services vont de l’accueil téléphonique au recouvrement de créances en passant par la modération de sites internet. GBL a annoncé que la transaction se ferait sur la base d’une valeur d’entreprise de 2,4 milliards d’euros.

De ce leader européen, GBL veut faire un leader mondial, avec pour première priorité un développement aux Etats-Unis. La signature pourrait intervenir d’ici quelques jours.

On en sait aujourd’hui un peu plus sur l’opération grâce à Moody’s. L’agence de rating a en effet attribué une notation B2 à Webhelp, et la même notation à deux prêts qui doivent être levés par Marnix SAS, une filiale du groupe Webhelp.

Effet de levier

Le premier, d’un montant de 1,155 milliard d’euros, doit servir, avec de nouveaux capitaux propres se montant à 1,321 milliard, sous forme de fonds propres et de prêts aux actionnaires, à financer l’acquisition de Webhelp par GBL, les fondateurs et le management; à refinancer la dette existante de WoWBidco, l’actionnaire à 100% de Webhelp; et à payer les frais relatifs à la transaction.

Une filiale de Webhelp va lever un prêt de 1,155 milliard d’euros pour financer son acquisition.

Un rachat d’entreprise par effet de levier, ou LBO, est une technique classique des acteurs du private equity. Elle permet au repreneur de racheter la société avec une mise de départ très faible, en recourant à un emprunt porté, directement ou indirectement, par l’entreprise cible.

Si la rentabilité de la cible est supérieure au coût de l’endettement qui permet son rachat, il y a effet de levier: cela gonfle la rentabilité financière de l’opération. Pour l’entreprise rachetée, par contre, l’opération peut être moins bénéfique. Les nouveaux actionnaires risquent d’imposer des restrictions budgétaires pour dégager rapidement un maximum de liquidités.

Concernant Webhelp, Moody’s relève comme atouts sa position de leader dans son secteur, un portefeuille de clients de premier ordre, l’amélioration continue de sa diversification et la trajectoire positive en termes de croissance. Des points forts atténués par le levier important de la structure du capital, le fait que le top 10 des clients représente 37% des revenus, que les marges dans le secteur sont sous pression, et que Webhelp devrait générer un flux net de trésorerie relativement modéré après le paiement des intérêts, pointe l’agence de notation.

Moody’s précise encore que GBL détiendra jusqu’à 67% du capital, tandis que les fondateurs et le management détiendront au moins 33% des actions.

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