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L'heure est à l'ébullition pour l'edtech indienne à la sauce belge

©Bloomberg

Embarquant les Boël et Spoelberch, le géant Byju's a déjà déboursé plus de deux milliards en acquisitions sur 2021. Pour suivre, son concurrent lorgne K-12... où sont aussi les Boël.

Join or die. Telle semble désormais être la devise dans le monde de l'"edtech" en Inde, qui voit ses acteurs intégrer verticalement, horizontalement, géographiquement - et surtout rapidement.

Pour ne prendre que l'exemple de Byju's, soutenue par les familles Boël (6,2%) et de Spoelberch (inconnu) depuis 2016 et 2017 respectivement, la plateforme d'apprentissage a déjà bouclé pour plus de deux milliards de dollars d'acquisitions au cours des six derniers mois. En avril, la société réalisait même la plus importante opération du secteur des start-ups éducatives en reprenant pour un milliard de dollars Aakash Educational Services, une chaîne de 200 centres de préparation aux examens d'entrée en facultés de médecine et d'ingénieur.

16,5
milliards $
De 470 millions en 2016 lors de l'arrivée de Sofina au capital, Byju's a désormais dépassé les 16,5 milliards de dollars de valorisation.

Résultat des courses? C'est désormais tout un secteur qui se retrouve en ébullition s'il veut suivre. Ou en tout cas ne pas décrocher complètement face à la locomotive valorisée à quelque 16,5 milliards de dollars suite à la récente levée de plus de 350 millions de dollars auprès notamment de la banque suisse UBS, du fondateur de Zoom Eric Yuan et du géant du private equity Blackstone.

Ainsi, de son côté, et après avoir mis la main sur la plateforme de networking TapChief et le service de streaming à destination des gamers Rheo TV plus tôt cette année, son concurrent Unacademy négocie actuellement une prise de participation significative dans K12 Techno Services, du nom de ce prestataire de services éducatifs offrant du support académique ainsi que des solutions technologiques à quelque 37 écoles dans six villes d’Inde. Jusqu'ici, la société était majoritairement détenue par le géant du capital-risque Sequoia et à 15,3%... par Sofina après un investissement l'an dernier de plus de 25 millions de dollars, circule-t-il.

Le holding de la famille Boël, contrairement au véhicule d'investissement des Spoelberch Verlinvest aux dernières nouvelles, a en effet décidé de réduire il y a quelques mois le potentiel risque de sa présence à bord du mastodonte Byju's aux 80 millions d'utilisateurs. En ce sens, il a d'ailleurs également profité de l'engouement autour du géant pour céder une partie de sa participation l'an dernier, empochant de l'ordre d'un quart de milliard de dollars au passage.

L'on rappellera que Sofina était monté à bord du géant indien alors qu'il ne valait "que" 470 millions. Et ce, au vu des perspectives offertes par un secteur cher au holding, mais aussi d'une jolie passe réalisée par son partenaire de longue date Sequoia, qui lui a permis déjà dans la Silicon Valley de s'offrir un peu du succès de Yahoo!, Google, YouTube, LinkedIn, Instagram ou encore WhatsApp. Puis de réitérer en Asie, alors qu'il serait désormais quasi impossible d’entrer en relation de but en blanc avec eux.

En fait, "ils sont les premiers à avoir compris le changement intervenu dans les années 2000, à l’époque où 95% du capital-risque mondial était à San Francisco/Palo Alto, en ouvrant une franchise en Chine et en Inde. On les a accompagnés, ce qui a été le cœur de nos premiers investissements en Asie", se remémorait récemment Harold Boël, CEO de Sofina.

Pour ce qui est de Verlinvest, l'origine de la diversification indienne remonte à 2010. Et une participation dans le deuxième fonds du groupe indien de capital-risque Everstone notamment, avec lequel le véhicule des Spoelberch, parmi les actionnaires de référence du géant brassicole AB InBev , a collaboré quelques années durant avant d'avancer en solo.

Le résumé

  • Le géant indien de l'apprentissage en ligne multiplie les acquisitions ces derniers temps.
  • De quoi créer des remous du côté de la concurrence, qui tente tant bien que mal de suivre la locomotive du secteur.
  • Dernier exemple en date, Unacademy serait en train de lorgner le prestataire de services éducatifs K12.
  • Une bonne affaire pour les Boël dont le holding, Sofina, est actionnaire.

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