La famille Boël monétise sa pépite indienne

Byju Raveendran, ancien prof de math reconverti entrepreneur, a créé Byju's, une app d'apprentissage qui compte désormais quelque 42 millions d'inscrits pour un chiffre d'affaires de 210 millions l'an passé. ©Bloomberg

À l'occasion d'une nouvelle levée de fonds, Sofina a cédé une partie de ses titres de l'application d'apprentissage Byju's. Plus-value à la clé.

L'heure est aux comptes pour Sofina . Le holding de la famille Boël a vendu une partie de ses titres dans l'application d'apprentissage Byju's, ressort-il de son rapport annuel. Tirant par-là profit, avec un peu d'avance, de la croissance exponentielle de la scale-up indienne en plein boom.

Les ingénieurs de Byju's travaillent avec des enseignants pour développer le contenu éducatif mis à disposition sur la plateforme.

Concevant des programmes d’apprentissage et des tests de préparation aux examens, Byju's compte en effet à ce jour quelque 42 millions d'inscrits, pour 3 millions d'abonnés payants. De quoi lui permettre d'enregistrer un chiffre d'affaires de 210 millions de dollars l'an passé, dont 2,8 millions de bénéfice, et de viser les 422 millions environ pour cette année grâce à ses contenus vidéo et interactifs.

Une performance qui n'a pas manqué d'attirer les regards. En ce compris du holding des Boël, entré au capital il y a quatre ans déjà. Avec son allié Sequoia, légende du capital-risque et de la Silicon Valley, Sofina injectait à l'époque 75 millions de dollars dans Byju's, valorisant la société à moins de 470 millions alors.

8
milliards $
Au vu de la dernière levée de fonds réalisée début février, Byju's est aujourd'hui valorisée à quelque 8 milliards de dollars.

Aujourd'hui, elle en vaut huit milliards en date de la dernière levée de fonds de début février. Une énième milestone pour l'entreprise passée au rang de licorne au début de 2018, après diverses autres opérations suivies par Sofina.

Verlinvest n'a pas suivi

L'heure était donc à l'action. Le holding de la famille Boël s'est décidé à vendre "une partie limitée d'actions Byju's afin d'en cristalliser les plus-values latentes et de récupérer une partie de sa mise de départ", selon ses mots.

L'opération, si elle permet de "dérisquer quelque peu l'exposition" à la pépite indienne dont Sofina détenait encore 8,59% des parts au 31 décembre 2019 (soit, sur base du dernier tour de table, une participation d'une valeur de l'ordre de 620 millions d'euros), "n'est pas de nature à changer fondamentalement la donne", nous glisse-t-on du côté de la rue de l'Industrie.

Pour autant, oui, c'est une première du côté de Byju's. Mais qui n'a pas été suivie, selon nos informations, par l'autre actionnaire belge, Verlinvest. Qui profite lui aussi de l'ascension de la pépite. En effet, à l'époque de l'entrée au capital par le véhicule d'investissement des de Spoelberch (AB InBev), l'entreprise n'était évaluée qu'à 600 millions de dollars, soit treize fois moins qu'aujourd'hui.

Ce qui doit aussi avoir de quoi ravir les autres investisseurs tels que le géant chinois Tencent, la Chan Zuckerberg Initiative (l'entreprise philanthropique du patron de Facebook et de sa femme, Priscilla Chan) ou encore la Banque mondiale.

Byju's rêve désormais du monde

Dans un échange avec le FT, le fondateur Byju Raveendran a fait savoir ce lundi qu'il étudiait aussi des opportunités de croissance hors de l'actuelle zone géographique d'activité de la plateforme. Après tout, l'entreprise dispose de réserves de cash en suffisance: jusqu'à présent, du 1,2 milliard levé, Byju's n'a dépensé qu'environ 300 millions de dollars.

Ce qui lui laisse un trésor de guerre important pour financer des incursions sur les marchés étrangers, où elle espère reproduire sa formule indienne à succès. De petits projets pilotes ont d'ailleurs déjà commencé sur quelques autres marchés anglophones, bien que Raveendran refuse d'identifier où, en disant seulement que la société se devra de leur développer un contenu propre.

Avec, aussi, une réflexion en toile de fond: "Ce que nous devons comprendre, c'est la volonté de payer pour l'éducation ailleurs", évoque le patron. "Ici, en Inde, la participation des parents à l’éducation des enfants est très forte. Mais existe-t-il un tel besoin ailleurs? Ce sont les questions pour lesquelles nous devons trouver des réponses."

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