Les fonds de private equity responsables de quatre fusions sur dix

Le secteur pharma et biotech restera très actif en Belgique. La preuve par Tigenix, convoité par Takeda. ©rv

Les fonds de private equity vont continuer de réaliser une grande partie des acquisitions de sociétés cette année, vu leur puissance de feu, prédit le cabinet Freshfields.

Après avoir dépassé pour la quatrième année consécutive la barre des 3.000 milliards de dollars en 2017, les fusions et acquisitions devraient rester très présentes cette année, selon le cabinet d’avocats Freshfields qui vient de publier ses prévisions (1). Voici un résumé des six tendances qui pousseront les investisseurs à réaliser à nouveau beaucoup de transactions en 2018…

1) Le boom des fonds de private equity (PE) va se poursuivre. A côté des deals effectués par des industriels, un nombre croissant d’opérations est signé par des PE. L’an dernier, au plan mondial ils ont été responsables de 43% des deals en valeurs et 38% en volume. Des niveaux jamais atteints. Depuis 2010, leur part a bondi de 172% en valeur et de 86% en volume. "Et cela va continuer cette année car ces fonds ont une puissance de feu accrue, note Vincent Macq, managing partner du cabinet d’avocats Freshfields à Bruxelles. Ils ont levé beaucoup d’argent aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe et ont besoin d’investir, ce qui pousse les valorisations à la hausse. Ces fonds sont des ‘serial dealmakers’. Ils achètent une société, la restructurent, y ajoutent ou en retranchent un actif pour la rendre plus belle, puis la remettent à l’étalage. Ils alimentent naturellement la machine à acquisitions. Leur forte activité appelle un avenir nécessairement chargé en opérations."

"En réformant la fiscalité aux Etats-Unis, le président Trump a créé un incitatif au rapatriement de cash par les grandes compagnies américaines qui disposent de très importantes réserves à l’étranger."
Vincent Macq
managing partner du cabinet d’avocats Freshfields

2) Il y aura plus de deals intrarégionaux en 2018. Plus de méga-opérations entre acteurs du même continent ou du même pays. Deux raisons à cela: "En réformant la fiscalité aux Etats-Unis, le président Trump a créé un incitatif au rapatriement de cash par les grandes compagnies américaines qui disposent de très importantes réserves à l’étranger, explique Vincent Macq. On observe par ailleurs toujours une tendance au protectionnisme. Un peu partout, y compris en Chine, où le gouvernement cherche à brider les velléités des groupes chinois à acheter à l’étranger."

3) L’activité de fusions et acquisitions servira aussi à provoquer ou accélérer la transformation digitale des entreprises. Des sociétés industrielles traditionnelles cherchent à acquérir des entreprises leur permettant d’entrer dans l’ère digitale. "Tous les secteurs sont concernés par le séisme de la digitalisation, poursuit l’avocat. Il y a un appétit des acteurs industriels pour acheter des actifs les aidant à  innover et se réinventer. " Ce mouvement a déjà commencé l’an dernier, avec une forte hausse des rachats de sociétés technologiques par des entreprises non-tech.

©MEDIAFIN

4) Au niveau des secteurs, l’importance des soins de santé et, en particulier, de la pharma dans les deals va se maintenir en 2018. Les géants de la pharma vont continuer d’acheter de l’innovation et d’alimenter en externe leurs pipelines de candidats médicaments. La tendance aux deals intrarégionaux pourrait se traduire par de méga-opérations sur le sol nord-américain où les groupes pharma sont nombreux. Nombre de mammouths du secteur se sont choisi un nouveau CEO l’an dernier: ceux-ci pourraient être tentés de se signaler aussi par des acquisitions. Pour mémoire, Biogen, GSK, Lilly, Novartis et Teva ont changé de CEO en 2017! "Le secteur pharma et biotech restera très actif en Belgique, ajoute Vincent Macq. La preuve par Tigenix (convoité par Takeda) et Ablynx (Novo Nordisk), après le rachat d’Ogeda l’an dernier."

"Tous les secteurs sont concernés par le séisme de la digitalisation."
Vincent Macq
managing partner du cabinet d’avocats Freshfields

5) Les actionnaires activistes se sont beaucoup manifestés l’an dernier et continueront de le faire. En 2017, les fonds gérés par des activistes totalisaient 190 milliards de dollars. Les grandes compagnies des secteurs de la consommation resteront dans leur collimateur cette année, parfois en association avec certaines marques très populaires. De même, la digitalisation devrait pousser des activistes à prendre pour cibles des entreprises en retard de transformation.

6) Une tendance en sens inverse, pour terminer : les régulations et les législations anti-trust sont de plus en plus complexes et invasives, ce qui rend les transactions plus incertaines et plus coûteuses. Cette évolution a également pour effet de rallonger la durée entre l’annonce d’un deal et sa finalisation. Les rachats à plus de 10 milliards de dollars durent en moyenne 252 jours avant d’aboutir et nombre d’entre eux prennent plus d’un an.

(1) M&A Monitor - 2018 predictions

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