Pierre Scohier, l'homme qui a fait Cobepa, tire sa révérence

Pierre Scohier a piloté le holding Cobepa de 1971 à 2000.

Un des grands capitaines d'industrie de la Belgique d'après-guerre a disparu. Pierre Scohier avait épaulé des leaders comme Albert Frère ou Carlo De Benedetti.

Un peu moins de deux ans après Albert Frère et cinq ans après André Leysen, Pierre Scohier nous a quittés. Les trois hommes formaient avec Etienne Davignon les principaux capitaines d'industrie de la Belgique d'après-guerre. Le comte Davignon doit se sentir bien seul désormais.

Né le 11 janvier 1936, Pierre Scohier était entré au service de la succursale belge de la Paribas en 1958, après de brillantes études dingénieur de gestion à l'Université libre de Bruxelles. Il y a dirigé le département Etudes, puis après un bref passage comme directeur adjoint de la succursale, il a pris la direction de la Compagnie Belge de Participations (Cobepa), la banque d'affaires du géant français en Belgique. C'est là qu'il allait donner tout son potentiel.

Durant l'affaire Générale, il avait activement soutenu l'offre d'achat lancée par l'homme d'affaires italien Carlo De Benedetti sur la SGB et défendu sa position face à Suez.

Durant les près de trente années où il tenait la barre de Cobepa, cet adepte des partenariats avec des groupes familiaux a participé à quelques-unes des plus riches sagas d'affaires du pays. Il a contribué à l'ascension d'Albert Frère via ses prises de participation dans GBL, Erbe, Pargesa et Power Corp, il a cofinancé le déploiement du groupe de distribution GIB (racheté plus tard par Carrefour), il a pris des parts dans Gevaert (André Leysen), Josi, Texaf, Uco (textile), Tractebel, Éditions Dupuis... Durant l'affaire Générale, il avait activement soutenu l'offre d'achat lancée par l'homme d'affaires italien Carlo De Benedetti sur la SGB et défendu sa position face à Suez.

La main verte sur le tard

Parallèlement à ses activités financières, l'homme avait aussi mené à bien une carrière académique. Il a en effet enseigné des années durant la gestion et la stratégie financière à l'ULB. Il est aussi intervenu à plusieurs reprises dans le débat public, notamment pour défendre le rôle et la place des holdings dans l'activité économique. Son esprit participartif l'avait par ailleurs amené à siéger au conseil d'administration d'institutions comme l'Association belge des analystes financiers et la Fédération des entreprises de Belgique (FEB).

Pierre Scohier s'était découvert sur le tard deux passions résolument vertes: les chevaux et la vigne.

Marié, deux enfants et quatre petits-enfants, Pierre Scohier s'était découvert sur le tard (entendez: en fin de vie professionnelle) deux passions résolument vertes: les chevaux et la vigne. Il avait développé une activité d'élevage et de soins de chevaux dans sa région de Chimay, via la société des Iviers, et il avait investi dans la région de Tarragone, en Espagne, dans la culture des vignes, des oliviers et des amandiers.

Il était professeur émérite à l'ULB, chevalier de la Légion d'honneur et officier de l'Ordre de Léopold.

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