Premiers deals pour le fonds belge M80

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De création récente, le fonds belge de private equity M80, qui cible les sociétés non cotées, a réalisé ses trois premiers investissements. En Belgique, il a pris une participation majoritaire dans Theuma, leader dans la fabrication des portes en bois, notamment.

Le fonds de private equity M80 a réalisé ses premiers investissements. Ce fonds belge lancé avec de grosses ambitions à l’automne dernier par Peter Maenhout, un ancien dirigeant du holding flamand Gimv, a pris une participation majoritaire dans Theuma, le leader dans la production des blocs-portes d’intérieur dans notre pays et numéro deux du secteur aux Pays-Bas. M80 a en outre investi dans Eurodommages, un courtier en assurance français spécialisé dans les risques non-standards de véhicules auto et moto, et dans Gandi.net, un bureau d’enregistrement de noms de domaines basé au Grand-Duché. Au contraire du deal Theuma, ces deux derniers investissements concernent des parts minoritaires.

Bien qu’en raison d’accords de confidentialité avec les vendeurs, le fonds M80 garde le silence sur les montants investis, on sait qu’il en va de sommes importantes puisque sa stratégie est d’injecter entre 10 et 40 millions d’euros par transaction. Et Theuma n’est pas un petit acteur: créée il y a un demi-siècle par Eugeen Theunis dans le Brabant flamand, cette entreprise réalise un chiffre d’affaires annuel de plus de 55 millions et emploie 350 personnes. Elle exploite deux usines, une à Bekkevoort en Belgique et une autre à Nijkerk aux Pays-Bas, où elle produit des portes en bois et des blocs-portes standards ou techniques, y compris des solutions coupe-feu, acoustiques ou anti-effraction. Elle les commercialise dans quatre pays: Belgique, Pays-Bas, France et Royaume-Uni.

M80 a racheté une part majoritaire non précisée au fondateur, qui s’est retiré de la direction opérationnelle et a vendu le solde au management.

Les chemins de la croissance

Le fonds de private equity a pour politique de cibler les entreprises non cotées en Bourse et présentant des promesses de croissance avec, si possible, un potentiel de digitalisation à faire aboutir. Tel est le bien le cas de cet investissement, explique Peter Maenhout: "La croissance de Theuma proviendra en priorité de deux éléments, la réglementation et la digitalisation, dit-il. Le marché des portes est très réglementé, surtout dans le créneau des portes techniques, qui doivent être homologuées par des instances nationales dans les différents pays d’Europe. Ces exigences deviennent de plus en plus sévères. Or les autorités belges figurent parmi les plus strictes de l’Union. Du coup, Theuma, qui dispose d’une belle expertise technique, se trouve très bien positionnée. Ce secteur est par ailleurs relativement peu digitalisé. Nous projetons d’investir considérablement dans les technologies de l’information chez Theuma, notamment dans la communication avec les clients, sachant qu’un grand nombre de blocs-portes sont faites sur mesure en fonction de leurs besoins."

10 à 40 millions €
Le fonds M80 investit 10 à 40 millions d’euros par projet.

Autrement dit, M80 ne se contente pas d’investir dans le rachat de Theuma, mais prévoit aussi un volet de financement pour soutenir son développement futur.

What’s next?

Trois investissements en un peu plus de quatre mois d’existence, c’est rapide pour un fonds qui vise les midcaps, c’est-à-dire des entreprises enregistrant de 25 à 300 millions d’euros de revenus et valant entre 25 et 250 millions. N’empêche qu’on se demande où il va frapper la prochaine fois. M80 a déjà levé 100 millions d’euros, pour rappel, et vise à terme les 200 millions.

"Je ne citerai pas de nom, mais nous avons différentes opportunités sur notre radar, répond Peter Maenhout. Notre flux de transactions est bon et nous ferons probablement une nouvelle annonce dans les mois à venir."

Et Bruxelles?

Avec Theuma, Eurodommages et Gandi.net, M80 a déjà rempli une partie de sa mission, à savoir couvrir les pays du Benelux et la France. Il manque en revanche une pierre locale dans ce panorama: comme le holding régional bruxellois Finance Brussels a souscrit 5 millions dans le fonds, on s’attend à ce que celui-ci irrigue également des entreprises dans la capitale…

"Notre siège social est établi à Saint-Gilles", rétorque Peter Maenhout qui précise aussitôt que si l’occasion se présente, il investira effectivement à Bruxelles. "La proximité dans l’investissement a aussi une valeur", ajoute-t-il.

À son programme pour les mois à venir, l’homme a aussi inscrit la poursuite de sa levée de fonds. "On vise toujours 200 millions, dit-il. On a déjà des engagements au-delà des 100. On s’adresse aux institutionnels belges et internationaux et on va également s’adresser à l’avenir aux grands investisseurs familiaux."

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