Les quatre scénarios pour le rachat d'Ontex

©Lieven Van Assche

PAI Partners a mis 27,5 euros par action Ontex sur la table pour réaliser un examen approfondi du groupe. Que va-t-il se passer désormais? Voici les pistes possibles.

Maintenant que PAI Partners a mis un prix sur la table -27,5 euros par action- pour accéder et examiner en détail toutes les données concernant Ontex ("due diligence" dans le jargon) cela veut-il dire que la messe est dite? Non. Loin s’en faut.

Après analyse des comptes, le groupe français peut très bien revenir sur sa décision et annuler son offre qualifiée jusqu'ici de non liante. Cela va sans dire qu’une telle décision aurait un effet dévastateur sur le titre qui a bondi de 40% à l’annonce de cette marque d’intérêt. C’est le scénario du pire.

D'autres amateurs?

Mais il n’est pas impossible que d’autres amateurs sortent prochainement du bois. "Maintenant qu’Ontex est en jeu, il est possible de voir d’autres investisseurs financiers se manifester" estime Reginald Watson. Par contre, l’analyste d’ING ne pense pas que des concurrents du spécialiste des produits d’hygiène personnelle jetables se lanceront dans la bataille. "Le mix de produits blancs et de marques moyen de gamme d’Ontex n’est pas attirant pour ses principaux concurrents cotés, souligne-t-il. Idem pour l’accent mis sur les langes pour enfants (2/3 des revenus) et les marchés matures (50%)". Après avoir joué un rôle moteur dans la consolidation du secteur, il ne voit pas le groupe se faire consolider à son tour.

Quel prix maximum?

Et puis, rien ne dit aussi que le prix de 27,5 euros avancé par PAI Partners soit son dernier mot. A ce niveau, il dégagerait un taux de rentabilité interne (IRR) de 17% a calculé Reginald Watson. "Jusqu’à quel niveau PAI pourrait-il aller tout en dégageant un return raisonnable?" s’interroge-t-il. S’il doit proposer 30 euros par action pour décrocher le feu vert des actionnaires d'Ontex, l’IRR atteindrait encore 14%. En d’autres termes, cela voudrait dire que l’action serait valorisée à 37,82 euros en 2022.

 

"Le prix proposé par PAI est très bon"

Selon Alan Vandenberghe, le prix proposé de 27,5 euros par action Ontex proposé par PAI Partners est plus que correct. L'analyste de KBC Securities souligne que ce prix si situe juste au-dessus du prix moyen d’acquisition des actions Ontex par GBL, l’actionnaire de référence du groupe. Cela offre au holding qui est actuellement au poste de commande, une élégante voie de sortie. L’analyste voit trois scénarios : GBL et le conseil d’administration d'Ontex soutiennent l’offre, GBL entend collaborer avec PAI pour sortir Ontex de la Bourse et, trois, GBL essaye de négocier un meilleur prix. Dans les cas de figure 1 et 2, le prix resterait inchangé. Dans le dernier scénario, la majoration potentielle resterait toutefois limitée estime l’analyste. En toute logique, il a relevé son objectif de cours à 27,5 euros contre 22 euros avant avec un conseil à "conserver".

 

Finalement, il estime que PAI pourrait aller jusqu’à 31,44 euros, soit un IRR de 13%. C’est désormais son objectif de cours sur la valeur contre 36,70 euros avant. Rappelons qu'à ce stade, le conseil d'administration d'Ontex n'a pas encore pris position face à l'offre du groupe de "private quity".

Mais tout cela, c’est sans compter sur l’éventuelle apparition d’une offre concurrente. En cas de surenchère, la fourchette de prix devrait se situer entre 31,44 euros et 34,37 euros signale Watson. Ce prix maximum présenterait encore, dans le chef de l’acquéreur, un taux de rentabilité de 10%.

Et donc voici, en résumé, les pistes que pourraient prendre la suite de ce dossier: PAI renonce, PAI maintient son prix, PAI surenchérit, un autre candidat au rachat se manifeste.

20% du capital "shorté"

Avant que PAI ne se manifeste, Ontex était la valeur belge la plus "shortée". Les chiffres officiels récoltés par la FSMA à partir d’un seuil de déclaration atteignent 9% du capital de la société. Ceux d’ING vont jusqu’à 20% du capital et près de 22% du "free float". Reginald Watson a recensé les arguments généralement avancés pour prendre une position vendeuse sur la valeur: une performance opérationnelle difficile, le Mexique est plus faible que ce que le groupe suggère, Ontex perd plus de contrats qu’il n’en gagne dans les marchés retail mature, la hausse des prix des matières premières est difficile à répercuter sur le client final….

"A l’exception du ralentissement de la croissance organique dans les pays d’Europe occidentale, nous estimons qu’il y a peu de mérite d’être "short" sur Ontex, surtout à un cours de 19,41 euros" (dernier cours avant l’offre de PAI, Ndlr), conclut-il.

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