"Shorteurs" et "profit warning", le cocktail amer d'Ontex

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En l'espace de six séances, le titre Ontex a plongé de 13%. Les "shorteurs" font leur miel de l'avertissement sur résultat lancé mardi soir. Voici ce que pensent les analystes de ce revers.

Les actionnaires d’IBA et de Balta sont bien placés (payés?) pour le savoir. Quand une société cotée publie un "trading update" qui n’est pas planifié dans son calendrier financier, cela n’est pas bon signe. Et les trois mots qui donnent des sueurs froides aux actionnaires -avertissement sur résultats- ne sont jamais bien loin.

Et donc, après la clôture des marchés mardi, ce fut au tour d’Ontex de passer sous les fourches caudines des investisseurs. Pour le spécialiste des produits d’hygiène personnelle jetables, la situation est toutefois moins préoccupante que celles prévalant chez IBA et Balta au moment d’émettre leur "profit warning". La réaction immédiate en Bourse est d’ailleurs d’une autre ampleur avec un recul de près de 5% en séance pour l’action Ontex.

Chute de 13%, les "shorteurs" à l’œuvre

Cela s’explique sans doute par le fait que le titre a déjà été mis sous pression ces derniers jours. Rien que le 25 janvier, il a sèchement reflué de 4,2% en clôture sans nouvelle apparente. On comprend mieux pourquoi aujourd’hui. Entre le 23 janvier et le plus bas de 23,74 euros atteint ce matin (-4,96%), l’action a plongé de 12,9%. Une chute qui pourrait s’expliquer par les "shorteurs" à l’œuvre sur la valeur. La FSMA en dénombre six avec une position totale de 5,4% du capital.

Fin de la saga Hypermarcas?

Mais ce "trading update" contient aussi de bonnes nouvelles comme des revenus trimestriels en hausse de 7,2% ce qui est supérieur aux estimations d’ING, par exemple. "La mauvaise nouvelle, c’est que l’acquisition du Brésilien Hypermarcas continue de sous-performer et la très mauvaise c’est que Ontex va prendre une charge de 15 millions d’euros écrit Reginald Watson, analyste de la banque batave. Il considère cette charge exceptionnelle comme le dernier acte de la saga Hypermarcas. "Sans cette charge, ajoute-t-il, l’Ebitda de 2017 aurait atteint 281 millions d’euros battant confortablement le consensus de 272 millions d’euros". Il reste à "acheter" sur la valeur avec un objectif de cours de 36,70 euros.



Obstacle sérieux

Du côté de KBC Securities, on se montre plus circonspect. "La situation au Brésil est plus compliquée qu’attendue relève Alan Vandenberghe et cet ajustement peut signifier qu’Ontex va démarrer l’exercice 2018 à un niveau plus faible de rentabilité. Avec la hausse des matières premières, Ontex se trouve confronté à un obstacle sérieux pour, au moins, la première partie de 2018 " prévient-il encore. En conséquence, il réduit son objectif de cours à 25 euros contre 27 euros avant mais maintient son avis à "conserver".

Action bon marché

Même mouvement chez Degroof Petercam. Fernand de Boer coupe dans son objectif de cours qui n’est plus que de 26 euros contre 29 euros avant. La recommandation reste à "conserver". L’analyste souligne toutefois qu’en termes de valorisation, l’action est relativement bon marché (rapport cours /bénéfice estimé à 15 pour 2018) avec une décote de 25% par rapport à ses concurrents alors que le flux des nouvelles devrait s’améliorer au cours des prochains trimestres. "Cependant, la visibilité reste basse tandis que le track record est faible " conclut-il.

Objectif de cours moyen

Sur l’ensemble des analystes répertoriés par Bloomberg qui suivent la valeur, sept conseillent un achat, huit de conserver le titre et un de le vendre. L’objectif de cours moyen atteint 29,9 euros avec un plus haut de 36,7 euros (ING) et un plus bas de 25 euros (KBC et JP Morgan).

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