"Sipef pourrait vendre des actifs non-stratégiques"

Plantation de Sipef. ©Sipef

Confronté à une baisse des prix de l’huile de palme, le groupe de plantations Sipef pourrait vendre certaines activités afin de poursuivre ses investissements, estime Kepler Cheuvreux.

Le groupe belge de plantations Sipef , axé essentiellement sur l’huile de palme mais actif aussi dans le caoutchouc, les bananes et le thé traverse une passe délicate.

Lors de son assemblée générale qui s’est tenue voilà deux semaines environ, François Van Hoydonck, son CEO, a prévenu que le résultat net récurrent de cette année sera inférieur de plus de 50% par rapport à celui de 2018 qui s’élevait à 22,7 millions de dollars. En cause: le climat et les prix de l’huile de palme. Cette dernière joue un rôle capital pour le groupe dans la mesure où elle intervient à hauteur de 95% dans ses bénéfices.

Piètre bilan en Bourse

Dans la foulée de cet avertissement sur résultats, deux brokers ont ajusté leur objectif de cours sur l’action. Degroof Petercam ("conserver") est passé de 52 à 49 euros et KBC Securities ("acheter") de 60 à 57 euros. En Bourse, l’action souffre, bien entendu, de cet environnement peu propice avec un recul de 11% depuis le début de l’année. Mais sur trois ans et même sur cinq ans, le bilan ne s’avère guère plus convaincant avec des replis respectifs de 10% et 28%.

Cela pourrait déclencher des désinvestissements dans ses activités autres que l’huile de palme qui pèsent actuellement sur la performance et consomment du capital.
Kepler Cheuvreux

Kepler Cheuvreux, de son côté, vient d’entamer la couverture de la valeur. Le broker n’est pas vraiment preneur actuellement et conseille même à ses clients de "réduire" leur position. Son objectif de cours est fixé à 43 euros, soit un niveau assez proche du prix actuel en Bourse.

110 millions de dollars

"Le but de Sipef d’accroître ses plantations de 3.000 à 4.000 hectares par an nécessitera des investissements lourds dans un contexte de prix d’huile de palme que nous jugeons faible jusqu’en 2021", souligne le broker qui met en avant une offre surabondante pour expliquer cette faiblesse. Pour lui, le bénéfice brut ne dépassera le niveau de 2017 qu’en 2022 soutenu par les volumes et grâce à des prix plus élevés.

Du coup, dans son scénario, l’endettement de Sipef dépassera deux fois l’Ebitda tant en 2019 qu’en 2020. "Cela pourrait déclencher des désinvestissements dans ses activités autres que l’huile de palme qui pèsent actuellement sur la performance et consomment du capital", juge l’analyste.

D’après ses calculs, la vente de ces plantations pourrait générer entre 90 et 110 millions de dollars. Cela aurait l’avantage, selon lui, de ne pas affecter la stratégie à long terme, ni le niveau du "payout" (partie des bénéfices distribués aux actionnaires, Ndlr) en évitant également l’émission de nouvelles actions, "un sujet sensible pour les actionnaires de Sipef".

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