Attirer LVMH et Richemont, le tour de magie de Levita

En montrant des produits en lévitation, la Gravity Display Box de Levita renforce l'expérience "découverte" du prospect.

La jeune pousse wallonne créée par deux magiciens professionnels a capté l'attention de marques des deux leaders du luxe mondial. De quoi s'élever bien haut...

Quand la magie opère, le business s'emballe... Le constat est à peine exagéré: la jeune pousse liégeoise Levita fait des miracles en peu de temps. La preuve? Le fait qu'elle ait réussi à signer des contrats avec des marques des deux premiers groupes de luxe mondiaux, LVMH et Richemont. Pas mal, pour une petite PME créée en 2018 par deux magiciens professionnels sur la base d'une idée, une seule...

Mais quelle idée! Philippe Bougard et Clément Kerstenne ont appliqué leurs talents de prestidigitateur à l'animation des vitrines de boutiques. Ils ont mis au point un procédé permettant de faire léviter des objets dans un boîtier sous-verre. Objectif, attirer le chaland par cette présentation hors normes.

Une démo au MH Lab

Ils ont recouru aux services de deux sous-traitants de leur région pour la fabrication: IOL pour le design et Taipro pour l'électronique et le codage de la machine. Baptisé "Gravity Display Box", leur produit a rapidement séduit un premier horloger, le Suisse Roger Dubuis, qui fait partie du groupe Richemont. Après un premier essai réussi dans un magasin voici deux ans, la marque a commandé 14 autres boîtiers, à livrer sur deux ans.

Levita a recommencé à signer des clients prestigieux, comme Audemars Piguet et Moët Hennessy.

Puis, après la déferlante du coronavirus qui a pesé sur l'horlogerie et la joaillerie l'an dernier, ces secteurs se sont repris et Levita a recommencé à signer des clients prestigieux. Elle a convaincu un autre horloger suisse réputé, Audemars Piguet, pour qui elle va installer ces prochains jours un premier boîtier dans une boutique à Tokyo. Et elle a également retenu l'attention des responsables de Moët Hennessy, le champagne du groupe LVMH. La marque a fait livrer une machine à MH Lab, son laboratoire établi près de son quartier général à Paris. "Ainsi l'ensemble du groupe peut venir y découvrir notre vitrine - démo", explique Nicolas Dembour, responsable des opérations chez Levita. Ses différentes marques ont donc l'occasion de sentir la machine pour, éventuellement, l'adopter.

Au passage, Levita a réalisé un nouveau tour de passe-passe. "Jusqu'alors, notre machine ne permettait pas de faire léviter un objet de plus de 160 grammes", détaille Dembour. "Or la petite bouteille de champagne pèse 600 g! On a planché là-dessus, on a trouvé une solution et on l'a testée avec succès. Désormais, on peut monter jusqu'à un kilo."

Nouveau modèle... réduit

Au sein du groupe Richemont aussi, l'invention de Levita a commencé à faire le tour des filiales. "On a rencontré les responsables de quasi toutes les marques du groupe", s'exclame le manager. Les Belges y ont appris une leçon: certains prospects renâclaient face à la taille de la "box". Elle fait 1,10 mètre sur 1,05 mètre, ce qui empêche de l'utiliser dans de nombreux points de vente. Qu'à cela ne tienne, l'équipe de Levita s'est retroussé les manches et a développé un modèle plus petit, qui fait 60 centimètres sur 50. Plus facile à déplacer, la "Gravity Display Cute" vient d'être lancée sur le marché.

"Nous souhaitons que notre produit reste exclusif à court terme", poursuit le responsable. "Mais à plus long terme cela pourrait évoluer en fonction de la demande." En attendant, il y a aujourd'hui dix boîtiers à lévitation installés dans le monde et il devrait y en avoir une trentaine à la fin de l'année.

"Après l'horlogerie, la joaillerie et le champagne, on pourrait élargir nos cibles à des produits comme les téléphones, les chaussures, les parfums,..."
Nicolas Dembour
responsable des opérations, Levita

Et Levita voit l'avenir en grand. "Après l'horlogerie, la joaillerie et le champagne, on pourrait élargir nos cibles à des produits comme les téléphones, les chaussures, les parfums, la petite maroquinerie, des pièces de musée ou des produits alimentaires de luxe comme le caviar", souligne Nicolas Dembour. Ce qui ferait aussi léviter son chiffre d'affaires, budgété cette année à 550.000 euros.

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