Carlos Brito: "Je ne regrette pas d’avoir racheté SABMiller"

Carlos Brito a été à la tête d'AB InBev pendant quinze ans ©REUTERS

"J’ai passé 32 années incroyables chez AB InBev. Aujourd’hui, il est temps de laisser souffler un vent nouveau", déclare Carlos Brito, qui fut pendant 15 ans CEO d’AB InBev.

Carlos Alves de Brito (60 ans) quitte AB InBev, après 15 années à la tête d’un groupe qu’il a profondément transformé pour en faire le plus grand groupe brassicole au monde. "J’ai eu la chance de passer 32 années incroyablement belles chez AB InBev. Je suis heureux de ce que les collaborateurs du groupe et moi-même avons accompli", nous a-t-il déclaré lors d’une interview via Zoom. 

Pourquoi partez-vous?

Je peux dire que d’une certaine manière ma mission est accomplie. Nous avons créé le plus grand groupe brassicole au monde. Ce qui était à l’origine un brasseur belge et un brasseur brésilien est devenu une entreprise solide, active dans le monde entier. AB InBev a une culture très forte et est en excellente santé. Ces derniers mois, le conseil d’administration et moi-même sommes arrivés à la conclusion que le moment était venu de passer le relais.

Mais la crise du coronavirus n’est pas terminée. Comme capitaine expérimenté, n’aurait-il pas mieux valu que vous restiez encore quelque temps à bord?

J’ai accompagné l’entreprise pendant la première année de crise. Nous savons aujourd’hui comment gérer la situation. Michel (Doukeris, son successeur, NDLR) est, lui aussi, un capitaine expérimenté. Il conduira l’entreprise vers une nouvelle phase. Il travaillera sur la croissance et sur la réduction de l’endettement.

Cinq ans après l’acquisition de SABMiller, AB InBev comptabilise encore 85 milliards de dollars de dettes. Cette opération fut-elle une erreur?

Je ne regrette absolument pas d’avoir racheté SABMiller! Cette acquisition a fait du groupe un véritable acteur mondial. Nous bénéficions d’un solide portefeuille de marques de bières, dans tous les pays importants du monde. Nous avons aussi beaucoup appris de la stratégie de SABMiller. Vous savez, nos racines remontent à 1366, à Louvain. Nous ne travaillons pas pour les trois ou quatre prochaines années, mais pour les 100 prochaines années.

"Nous ne travaillons pas pour les trois ou quatre prochaines années, mais pour les 100 prochaines années "

N’êtes-vous pas un peu trop considéré comme l’homme des importantes acquisitions et l’entreprise n’a-t-elle pas besoin d’une nouvelle histoire, davantage axée sur la croissance organique?

Nous avons toujours connu une croissance à la fois organique et par acquisitions. Michel est une personne très expérimentée. Je suis convaincu qu’il s’en sortira mieux que moi. Il a une grande expérience du numérique et a travaillé en Chine pendant de nombreuses années, ce qui n’est pas mon cas. Mais nous avons aussi beaucoup de choses en commun. Nous sommes tous les deux très focalisés et nous partageons la même culture et les mêmes valeurs. Si des opportunités intéressantes se présentent, Michel les analysera avec attention et discipline.

Que comptez-vous faire après votre départ?

 Je suis un "focused guy". Au cours des prochaines semaines, je me concentrerai sur la croissance d’AB InBev (Brito ne quittera l’entreprise qu’à la fin du mois de juin, NDLR). Ensuite, je prendrai un peu de repos et je regarderai autour de moi. Je verrai bien ce que l’avenir me réservera.

©Filip Ysenbaert

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