Comment H²O at Home a bâti sa croissance sur le "consommer moins"

Pour Guillaume Leymonerie, H2O at Home, c'est davantage qu'une gamme de produits écologiques: c'est un art de vivre, un état d'esprit.

Il y a 22 ans, Guillaume Leymonerie poursuivait une quête: entretenir sa maison uniquement avec de l'eau. Depuis, H²O at Home a misé sur le modèle Tupperware pour grandir et se diversifier.

H²0 at Home, c'est l'histoire d'un enfant élevé dans les environs de Lille dans le respect de la terre, du bien-être et du manger sain. Lorsque Guillaume Leymonerie entre dans le monde professionnel, c'est tout naturellement qu'il emprunte la voie du "pour consommer mieux, consommons moins". Une phrase devenue son leitmotiv.
Pandémie de coronavirus oblige, c'est par téléphone que nous le contactons. Il nous répond depuis sa cuisine. Au menu de ce midi: un riz basmati curcuma qu'il prendra sur sa terrasse provençale de Lourmarin, la ville où il a décidé de fonder son académie...

Guillaume Leymonerie n'est pas un gourou. Il se définit comme un créatif, avide d'échanges humains et soucieux de rendre le quotidien plus sain. Ce qui passe par une maison entretenue sans produits chimiques ou usage de cosmétiques sans conservateurs.

Objectif 300 millions...

Son parcours commence par le secteur automobile où il a pour mission de réduire l'usage de solvants dans l'entretien des carrosseries en milieu industriel. Ce pari gagné, il se donne un nouveau défi: réduire le recours aux produits chimiques dans l'entretien des maisons.

"De Tupperware, je ne connaissais que la marque. Je ne savais pas que c’était une industrie."
Guillaume Leymonerie
H20 at Home

Signe du destin: il rencontre au même moment des acteurs de la démonstration-vente à domicile pour Tupperware. Le concept le séduit. "De Tupperware, je ne connaissais que la marque. Je ne savais pas que c’était une industrie." Il va adopter le même modèle.

Plutôt que de remplacer ses châssis, Guillaume Leymonerie investit ses 15.000 euros d'économies dans l'achat de chiffonnettes en Suède. "J’ai commencé seul dans ma ferme. Six mois plus tard, j’engageais ma première salariée, qui est toujours là. Mais déjà, je voyais mon business dépasser l'échelle nationale." Nous étions alors en 1998.

23 à 40%
Les conseillères perçoivent une commission de 23 à 40% sur les ventes qu'elles effectuent.

Aujourd'hui, H²O at Home est devenu un acteur incontournable de l'entretien de la maison, du bien-être et des cosmétiques 100% naturels disponibles par vente à domicile. Il compte quelque 6.000 conseillères réparties en France, en Belgique et aux États-Unis. Celles-ci sont rémunérées via une commission sur les ventes qu'elles effectuent (entre 23 et 40%) ainsi que par des réductions sur les produits. Le chiffre d'affaires d'H²O se monte, lui, à une centaine de millions. Et cela ne devrait pas s'arrêter là.

Désormais, Guillaume Leymonerie veut partir à la conquête des marchés italien et canadien. "J’organise l’entreprise pour arriver à 300 millions de chiffre d'affaires." Quel délai se donne-t-il? "Ça prendra le temps que ça prendra, mais ce sera du qualitatif. Je veux avant tout que mes salariés soient bien dans leurs grolles, c’est ça mon défi!"

... et davantage de virtuel

Le coronavirus a-t-il contrecarré ses plans? Pas le moins du monde! "C’est une véritable opportunité. Il y a eu une prise de conscience qu’il y a des dauphins dans l’eau et des oiseaux qui chantent."

Pour Guillaume Leymonerie, déjà séduit par les avantages du télétravail, cela a été l'occasion de développer des ateliers virtuels. H²0 at Home évolue donc vers un modèle hybride: les conseillères officieront chez leurs clients, munies d'un écran pour communiquer avec les personnes qui n'auraient pas pu se déplacer. Des magasins éphémères sont aussi prévus.

Un développement diversifié

Depuis la boîte de chiffonnettes achetées, H²0 at Home s'est bien diversifiée. Au textile, se sont ajoutées les huiles essentielles tant pour l'odeur que pour l’aromathérapie. En 2000, l'entreprise a ajouté une nouvelle plume à son chapeau: la désinfection des sols et surfaces dans les hôpitaux, uniquement avec de la microfibre.

Désormais, la holding 3E Concept regroupe Decitex, en charge de la production textile et H²O at Home, active dans la commercialisation. Elle emploie au total quelque 200 personnes . 

Une production à 95% européenne

Car une fois le catalogue étoffé, H²O at Home a développé sa propre production. "95% de notre production est européenne." L'usine lilloise du groupe procède à la coupure et la soudure en ultra-son des chiffonnettes. Pour l'assemblage de pièces, comme les peignoirs de bain, une usine a été ouverte en Roumanie il y a 15 ans, qui emploie aujourd'hui 60 personnes.
Sur la région de Nancy, H²O dispose d'une usine de saponification (crème d’argile, savon détachant). "Je travaille aussi avec un partenaire pour la partie cosmétique et huile essentielle. Peut-être qu’à terme, on l’intégrera également. Mais je veux prendre mon temps pour maîtriser le savoir-faire."
Aujourd'hui, c'est dans la culture des plantes aromatiques nécessaires à ses huiles essentielles que la société s'étend, avec des terrains en Corse et en Provence, à Lourmarin. 

Encore des rêves

Lourmarin accueillera aussi dès septembre, le campus Human Nature, filiale du groupe 3E Concept dans lequel on retrouve H20 at Home. Plus qu'une formation professionnelle ouverte à tous, l'académie ambitionne d'instruire un art de vie. "Notre règle? On arrive, on pose son téléphone, on enlève ses chaussures et on travaille sur soi." Au programme: l'éducation aux lois du cerveau, la gestion de son temps ou l'écoute de ses émotions.

"Dans nos rêves, nous voulons par la suite ouvrir cette école à des plus jeunes en la sortant du groupe, pour en faire une école Steiner ou Montessori, par exemple".

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés