Des abat-jour signés Gerald Watelet

©Dieter Telemans

L’animateur télé et ex-couturier a repris l’atelier bruxellois de confection d’abat-jour sur mesure Tagoli qui allait fermer ses portes. Une activité nouvelle qui viendra compléter un magasin de décoration à naître en mai à Uccle.

C’est l’histoire d’une rencontre entre un client et une patronne qui pliait boutique. "Un jour, la patronne de Tagoli (atelier bruxellois de confection d’abat-jour sur mesure fondé en 1960, NDLR) m’a annoncé qu’elle arrêtait. Non pas qu’elle remettait, mais bien qu’elle fermait. Je lui ai alors demandé 24h et j’ai fait une offre qu’elle a finalement acceptée", raconte Gerald Watelet, animateur télé bien connu, qui s’est associé pour l’occasion avec Jean-François Régis, antiquaire spécialiste des arts décoratifs du XVIIe et XVIIIe siècles, rencontré à la grande foire d’art et d’antiquités Eurantica, avec son épouse et une amie.

"Il fallait sauvegarder ça, sinon cela allait disparaître", à l’image de la passementerie De Backer, maison fondée en 1896 à Bruxelles, récemment disparue. "À l’époque, je n’ai malheureusement pas été en position de reprendre", se lamente-t-il aujourd’hui, lui qui est parrain de l’Union des Artisans du Patrimoine (UAP). C’est pourquoi, cette fois, il a saisi la balle au bond.

"Un jour, la patronne m’a annoncé arrêter. Je lui ai demandé 24h et ai fait une offre."
Gerald Watelet
animateur télé

Après six mois de formation de deux des associées par la fondatrice en partance de la maison, l’équipe aux commandes est désormais en mesure de répondre aux demandes des clients qui viennent parfois depuis New York pour son savoir-faire, allant aussi bien de la confection d’abat-jour sur mesure qu’à la réélectrification de lustre, en passant par le montage de vase en lampe. Une tradition qui sera conservée, mais aussi complétée d’une collection de créations signées Gerald Watelet.

Pour offrir un réel écrin au projet, l’homme a décidé d’ouvrir sa boutique d’ici peu: Interiors. "Nous avons trouvé un lieu entre les avenues De Fré et Winston Churchill, mais tout y est à refaire afin de correspondre à l’ambiance que nous voulons pour le magasin. On espère ouvrir mi-mai." Les clients y trouveront les créations de Tagoli, bien sûr, du linge de maison, de la moquette, des antiquités, mais aussi un service de décoration d’intérieur.

Amour de la maison

Reste une question: comment expliquer pareil grand écart, l’homme étant plutôt connu auprès de nombre de Belges pour ses apparitions au petit écran? "J’ai toujours adoré les maisons. C’est pourquoi cela fait des années déjà que je redécorais des demeures et des châteaux pour le compte de clients, et ce, en parallèle des émissions télé auxquelles je participe (en ce moment, "C’est du Belge" sur la Une et "Affaire conclue" sur France 2, NDLR)."

L’idée ici a donc simplement été d’officialiser les choses, permettant par la même occasion au créateur de renouer quelque peu avec son passé de grand couturier, via le point commun que constituent tissu, couleurs, volumes, imprimés et mélanges. S’il a officié à Bruxelles, il a aussi géré une boutique à Paris où il employait du personnel de chez Yves Saint Laurent haute couture qui venait tout juste de fermer.

Un retour aux sources qui pourrait se prolonger jusque dans l’horeca? Après tout, Gerald Watelet a fait ses armes à l’école hôtelière de Namur avant de travailler à la Villa Lorraine à Bruxelles. "Oui, tout à fait, parce que tout cela va ensemble, se plaît-il à rêver. J’aurais adoré que ma grand-mère soit cette petite vieille qui a le Negresco (célèbre hôtel sur la promenade des Anglais à Nice, NDLR) et, le jour où elle meurt, pouvoir tout refaire pour que cela redevienne the place to be. Je me serais levé à quatre heures et couché à minuit tous les jours."

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