"J'ai parfois honte des sommes que je gagne"

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Paul Polman, le patron du géant des produits de consommation Unilever, trouve sa rémunération excessive. Il faut dire qu'en 2014, bonus à long terme compris, l'homme a touché environ 10 millions d'euros.

"Le conseil d'administration tente en ce moment d'adapter et d'augmenter nos packages salariaux, mais nous le refusons" explique Paul Polman au Washington Post à propos de lui et de son directeur financier Jean-Marc Huët. "Nous avons clairement refusé, non pas pour des raisons héroïques, mais parce que c'est une question de bon sens".

Le salaire de base de Polman atteignait en 2014 1,25 million d'euros, auquel s'ajoute un confortable bonus annuel de 1,65 million d'euros.

Le CEO reçoit en outre des bonus à long terme sous forme d'actions, qui représentaient l'an dernier une enveloppe globale de 5,73 millions d'euros. Si l'on tient compte d'autres avantages, évoqué dans le rapport de corporate governance du groupe, le compteur s'arrête finalement aux environs de 9,6 millions d'euros.

"Oui, j'ai de la chance", reconnaît Polman. "Et j'ai parfois honte des sommes que je gagne. Le plus important, c'est de bien utiliser son argent, c'est le minimum."

Le patron d'Unilever plaide pour une réflexion sur les salaires des top managers : "cela influence le comportement des CEO, qui ont tendance à croire que si leur salaire n'est pas augmenté ou qu'ils ne gagnent pas beaucoup d'argent, cela signifie qu'il ne sont pas considérés comme performants", explique Polman. "Cela mène à des comportements dysfonctionnels".

Il n'empêche, Polman ne plaide pas pour des plafonds aux salaires: "je ne recommanderais pas de réguler le marché. Je pense que l'on envoie un message bien plus puissant en montrant l'exemple à suivre".

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