L'ancien CEO de Danone dénonce une campagne contre sa personne

Emmanuel Faber à Evian en 2017. ©REUTERS

Évincé officiellement pour une mauvaise performance 2020, Emannuel Faber dénonce une campagne ad hominem et un capitalisme de "l'entre-soi" chez Danone.

C'est une saga qui a tenu la presse économique française en haleine pendant des mois. Le départ d'Emannuel Faber, le patron engagé de Danone, continue à faire parler de lui.

Deux mois après avoir été évincé, le principal intéressé a donné une interview au quotidien français Les Echos dans laquelle il détaille sa vérité. Pour lui, une véritable guerre intestine a eu lieu au sein de Danone et en particulier au conseil d'administration.  "Deux visions se sont opposées: l'une en faveur de la poursuite et même de l'accélération de la transformation de Danone, de la mise en œuvre du plan "Local first", et l'autre privilégiant une forme de retour en arrière reposant sur les recettes d'un passé ancien" a-t-il dit au journal économique.

Emmanuel Faber était directeur général depuis 2014, poste qu'il combinait avec celui de président du CA depuis 2017. Le premier mars dernier, il perdait sa casquette de président. Deux semaines plus tard, il était remercié. "Il fallait ramener de la sérénité chez Danone. Il faut que les équipes, dont l'engagement a été considérable, puissent se reconcentrer pleinement sur le business", avait justifié Gilles Schnepp, le nouveau président du conseil d'administration en mars.

Pour Faber, ce sont surtout les divergences au sein du conseil d'administration qui ont joué le jeu des actionnaires activistes qui réclamaient son éviction. Leur principal argument était avant tout financier. Danone s'en sortait moins bien que la concurrence face à la pandémie.

"Après des mois de campagne ad hominem, j'ai donc souhaité que le conseil statue formellement et qu'on sorte des faux-semblants."
Emmanuel Faber
Ancien PDG de Danone

"On a vu ainsi les activistes se prévaloir de liens amicaux, d'autres recommander un candidat à la présidence. Après des mois de campagne ad hominem, j'ai donc souhaité que le conseil statue formellement et qu'on sorte des faux-semblants", raconte Faber aux Echos rappelant qu'avant la pandémie, Danone avait enregistré une croissance du bénéfice par action de 50% sur 5 ans tout en gagnant 20 places dans le classement des entreprises préférées des jeunes diplômés.

Preuve selon l'ancien patron que performance et capitalisme humain qui se soucie des ressources et de l'environnement sont conciliables. "Les grandes entreprises françaises d'aujourd'hui sont nées d'intuitions de familles et d'entrepreneurs, qui correspondaient à l'émergence des classes moyennes: l'utopie des vacances pour tous, du voyage, de la démocratisation de la consommation, etc.", a-t-il détaillé aux Echos.

Il n'a donc pas entendu les demandes des actionnaires qui voulaient le voir changer de stratégie en pleine crise covid. Le conseil d'administration de Danone avait d'ailleurs confirmé cette stratégie durable. Aujourd'hui, Faber estime qu'il est grand temps de renouveler le conseil d'administration de son ancienne société.

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