La Fnac: scission ou IPO?

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Le groupe PPR présentera ce mardi aux salariés de la Fnac les divers schémas de sortie, qui pourraient prendre la forme d'une introduction en Bourse ou d'une scission.

Les modalités de sortie du groupe PPR de la Fnac seront connues ce mardi, simultanément dans tous les pays où l'enseigne est présente.

♦ En Belgique, le siège de la Fnac à Evere accueillera un conseil d'entreprise extraordinaire mardi à 16h30.

PPR, propriétaire des griffes de luxe Gucci, Bottega Veneta, Yves Saint Laurent mais aussi de l'équipementier sportif Puma , de Redcats et de la Fnac, souhaite depuis longtemps sortir totalement de la distribution pour se concentrer sur des actifs plus rentables et dont le potentiel de croissance est plus important.

"Un conseil d'administration de PPR doit se tenir demain sur un projet de scission de la Fnac avant que celui-ci soit présenté aux salariés de l'enseigne", a déclaré à Reuters la source proche du dossier. "Le schéma de sortie n'est pas totalement arrêté, il pourrait s'agir d'une scission ou d'une introduction en Bourse."

Le projet sera soumis aux actionnaires de PPR lors de leur assemblée générale en 2013, a aussi précisé cette source.

PPR n'a pas souhaité commenter ces informations.

• Le scénario d'une scission de la Fnac se ferait sur le modèle de Dia et Carrefour, ou d'Edenred et Accor . Il semble la solution la plus aisée pour PPR car une scission s'accompagnerait de moins d'incertitudes étant donné la fragilité actuelle des marchés financiers et le modèle industriel de la Fnac. L'enseigne vend à la fois des livres et des produits d'électronique grand public, l'un et l'autre pénalisés par le ralentissement de la consommation.

Un banquier d'affaires basé à Paris souligne que si PPR s'arrange pour vendre la Fnac, "le produit de cession leur donnera de la puissance de feu pour de plus grosses opérations dans le luxe et la mode sportive".

La stratégie de PPR, réaffirmée à maintes reprises, n'est pas de réaliser de grosses acquisitions, mais d'acheter des actifs de taille petite et moyenne qui ont à la fois des potentiels de synergies et des perspectives de croissance.

En Bourse, l'action PPR s'adjugeait 2,2% à 124,40 euros à 10h50, signant la seule hausse de l'indice CAC 40 dans un marché en net repli (-1,3%).

"DES RACHATS DANS LE LUXE DEVRAIENT SUIVRE"

"La Fnac a de bonnes chances d'attirer des offres de la part de fonds de private equity ou d'industriels", a estimé un trader basé Paris. "Un modèle basique de rachat avec effet de levier (LBO) montre qu'un taux de rentabilité interne de 30% est facilement atteignable pour un fonds."

"D'un autre côté, une introduction en Bourse de la Fnac ne serait pas chose facile à organiser dans l'environnement actuel de marché", a ajouté ce trader.

"La vente d'un actif de distribution serait positive pour l'action PPR, même si tout dépendra du prix. PPR devrait être capable de vendre la Fnac pour 550 millions d'euros. Après la vente des actifs de distribution, des rachats dans le luxe devraient suivre rapidement."

Le PDG de PPR, François-Henri Pinault, a réaffirmé jeudi dernier que le groupe disposait d'un très fort potentiel à long terme pour ses marques de luxe (Gucci, Balenciaga, Bottega Veneta, Yves Saint Laurent, entre autres) et de mode sportive (Puma, Volcom) grâce à la croissance des pays émergents et que PPR allait "se bâtir à 80%" sur sa croissance organique.

Et La Redoute?

François-Henri Pinault a aussi indiqué jeudi que le groupe ferait une annonce sur la vente de Redcats - dont le processus a été officiellement lancé il y a plus d'un an - avant la présentation de son chiffre d'affaires du troisième trimestre, prévue le 25 octobre.  Il s'est en revanche refusé à préciser si cette filiale de vente à distance (La Redoute, Cyrillus, VertBaudet) serait vendue en totalité ou en partie.

PPR s'était fixé en février pour objectif de tripler ses ventes d'ici à 2020 pour atteindre un chiffre d'affaires de 24 milliards d'euros.

Le groupe, qui a accéléré son recentrage en 2009 avec la mise en Bourse de CFAO, sa filiale de distribution automobile et pharmaceutique en Afrique, suivie par la vente de Conforama en 2011, avait annoncé il y a plusieurs années son intention de se séparer de ses deux dernières enseignes de distribution : la Fnac et Redcats.

La Fnac comptait 154 magasins à fin 2011 et employait 14.082 personnes. Son chiffre d'affaires a atteint près de 4,2 milliards d'euros en 2011, soit 34% des ventes de PPR.


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