La maison mère de Club dans le rouge

L'enseigne flamande Standaard Boekhandel a subi en 2019 une perte de 6.000 euros qui devrait se creuser cette année. ©BELGA

Standaard Boekhandel enregistre ses premières pertes depuis les années 80. Le propriétaire des librairies papeteries Club avait mis en place un plan de relance, qui a été freiné par le Covid-19.

Les temps sont durs pour les librairies. Dernier exemple en date, la chaîne Standaard Boekhandel (145 librairies) a bouclé l'exercice 2019 sur un chiffre d'affaires de 205 millions d'euros et sur une perte nette de 6.000 euros. Une perte légère, mais qui marque une première depuis les années 80.

205
millions €
En 2019, Standaard Boekhandel a réalisé un chiffre d'affaires de 205 millions d'euros et subi une perte nette de 6 millions.

En 2012, l'enseigne flamande était encore bénéficiaire de 10 millions d'euros. Mais les bénéfices se sont étiolés au fil des années. En panne de croissance, Standaard Boekhandel avait racheté en 2014 l'enseigne francophone Club, alors en mauvaise posture. Depuis lors, sa situation s'est sensiblement améliorée.

La perte de l'enseigne flamande s'explique principalement par la baisse des ventes de livres. En 2019, les Flamands ont dépensé moins d'argent dans les livres qu'en 2014, selon le bureau d'études GfK. La hausse de 0,9% du chiffre d'affaires est due à l'accroissement des ventes de livres scolaires, de jeux de société et de produits de papeterie.

La part de marché de l'enseigne détenue par la famille malinoise Schaltin est d'ailleurs restée stable, après avoir été rognée les années précédentes par des plateformes de vente en ligne comme bol.com ou Amazon.

"Le changement de comportement est une des raisons majeures de la baisse de nos résultats. Les gens lisent moins qu'avant, en raison de la concurrence des médias sociaux et des plateformes TV comme Netflix", explique Geert Schotte, le CEO de Standaard Boekhandel.

Trop de stocks

Pour remettre les comptes sur les rails, le patron de l'enseigne entend réduire les coûts, notamment en réduisant l'offre en magasin. "Nos stocks étaient trop importants, notamment parce que les ventes de fin d'année ont été moins bonnes qu'attendu", dit-il.

"Fin 2019, nous n'avions plus de magasins en nette perte. D'autres fermetures ne sont pas au programme."
Geert Schotte
CEO de Standaard Boekhandel

Reste à voir si d'autres mesures seront prises. La fermeture de magasins par exemple. Standaard Boekhandel en a fermé sept "très peu rentables", mais ne devrait pas rééditer l'expérience, à ce stade en tout cas. "Fin 2019, nous n'avions plus de magasins en nette perte. D'autres fermetures ne sont pas au programme", assure Geert Schotte.

Le problème actuel, c'est la fermeture des magasins causée par le Covid-19. "L'impact est important. Nous devrions perdre cette année 10 à 15% de nos revenus", dit le CEO. Le cru 2020 devrait lui aussi se clôturer dans le rouge.

"Notre webshop n'est pas rentable, mais il a rapporté des liquidités au plus fort de la crise."
Geert Schotte
CEO de Standaard Boekhandel

Les ventes en ligne ont permis de sauver les meubles. "Grâce à notre magasin en ligne, nous avons pu sauver 30 à 40% de notre chiffre d'affaires. Mais l'e-commerce est cher. Notre webshop n'est pas rentable, mais il a rapporté des liquidités au plus fort de la crise", estime Geert Schotte.

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