Mariage entre Iglo et Findus

Stéfan Descheemaeker dirige Nomad Foods. ©Photo News

Le fonds d’investissement Nomad Foods, dirigé par Stéfan Descheemaeker, grossit très vite. Quatre mois après avoir digéré Iglo, le voilà qui repasse les plats. Pour créer un géant européen.

"Ce rapprochement a beaucoup de sens: Iglo et Findus sont très complémentaires."
Stéfan Descheemaeker
CEO de Nomad Foods

Les produits Findus et Iglo seront désormais proposés dans la même corbeille en Europe continentale. Le fonds d’investissement Nomad Foods a annoncé qu’il allait racheter les activités du groupe de surgelés Findus sur le Vieux Continent. Le fonds dirigé par le Belge Stéfan Descheemaeker (ancien de Delhaize et AB InBev) va offrir quelque 700 millions d’euros au fonds LionGem Sweden pour lui reprendre les activités de Findus en Suède, Norvège, Finlande, Danemark, France, Espagne et Belgique.

→ Seule la partie produits de la mer surgelés exploitée au Royaume-Uni sous la marque Young’s Seafood ne fait pas partie de la transaction et reste dans les mains de LionGem.

Quatre mois plus tôt, Nomad Foods avait racheté la marque Iglo pour 2,6 milliards d’euros.

  • Le "paquet" Findus racheté représente 600 millions d’euros de chiffre d’affaires avec une marge d’Ebitda de 11%. Il totalise 1.500 employés et six usines. En Belgique, Findus exploite notamment la marque Lutosa (produits à base de pommes de terre). De son côté, Iglo emploie 2.800 personnes dans quatre usines et cinq centres de distribution. Iglo détenait déjà l’activité de Findus en Italie.

La nouvelle opération confirme le projet caressé par Nomad Foods de constituer un grand groupe alimentaire basé en Europe. Findus et Iglo seront réunis au sein d’un même groupe, avec des comptes consolidés, mais conserveront bien entendu leurs marques.

Un seul méga-groupe

©EPA

"Ce rapprochement était écrit dans les astres depuis une dizaine d’années, souligne Stéfan Descheemaeker. Cela a beaucoup de sens dans le monde du surgelé car Iglo est leader dans sept pays d’Europe et Findus dans quatre autres. Il y a excessivement peu de doublons entre les deux, c’est une très belle complémentarité."

Le nouvel ensemble conforte la position de numéro un européen d’Iglo. Au plan mondial, il est devancé par des groupes américains.

©BELGA

Nomad Foods s’est fixé pour vocation de participer à la consolidation du secteur alimentaire, un marché énorme mais encore très fragmenté. "Nous commençons par le surgelé en Europe, mais il n’est pas exclu que nous considérions un jour une opportunité aux Etats-Unis, par exemple, poursuit le CEO. Dans le surgelé ou dans un autre segment."

Contrairement aux fonds de private equity classiques, Nomad Foods poursuit une logique d’investissement à long terme. En clair, il est dans le surgelé pour longtemps. Un message auquel le personnel est tout, sauf insensible.

Le secteur va encore bouger

Quelle sera sa prochaine cible? "Cette question vient trop tôt, répond Stéfan Descheemaeker. Il faut d’abord s’assurer qu’Iglo évolue bien; il a connu un premier semestre difficile. Il faut intégrer les deux groupes et réaliser les synergies annoncées. Il faudra aussi réinvestir dans l’industrie du surgelé car c’est un secteur qui le requiert, notamment pour améliorer la perception par rapport aux produits. Et ensuite, si d’autres opportunités se présentent dans le surgelé, en Europe ou ailleurs, nous serons ouverts aux propositions. Ce qui est certain, c’est que des choses vont encore se passer dans le secteur, avec ou sans nous."

Cela dit, le CEO de Nomad Foods se sent bien dans ses nouvelles fonctions. L’ancien CFO de Delhaize, qui a aussi assuré des fonctions managériales chez AB InBev, estime qu’être belge présente un avantage: "Nous sommes de parfaits hybrides avec une bonne compréhension des différentes cultures. Un atout dans un groupe comptant une quinzaine de nationalités."

©BELGAIMAGE

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