Nouveau patron pour Delvaux dans un contexte du luxe tendu

Après une phase de diversification internationale, Jean-Marc Loubier quitte la présidence et son poste de CEO de Delvaux.

Le CEO de la marque de luxe Delvaux quitte son poste après 18 mois. Jean-Marc Loubier passe le témoin à Marco Probst, un ancien de la maison. Pour assurer la continuité malgré un marché mondial sous pression?

Delvaux change de tête. Le Français Jean-Marc Loubier, CEO depuis un an et demi du maroquinier belge bien connu, a en effet démissionné. Il quitte également le conseil d'administration de Delvaux Créateur, qui englobe les activités du QG bruxellois, et de Delvaux CDL, avons-nous appris à bonnes sources. Il est remplacé par Marco Probst à la tête de l'entreprise, qui avait déjà dirigé la marque entre 2012 et 2018 après un passage par Chloé (Richemont) et Boss. Et au poste de président, par Monica Tsui, proche de l'actionnaire chinois.

"Il devait développer la marque à l'international, ce qu'il a fait."
Un porte-parole de Delvaux

Ce qui explique ce passage de témoin? "Sa mission était arrivée à son terme", nous dit-on au siège de la maison, où l'on confirme l'information. "Après avoir décidé de développer la marque à l'international, et l'avoir fait, avec un déploiement en Chine, à Hong Kong, en Corée du Sud, au Japon, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Italie et en France". Mais aussi en Belgique, dans les boutiques du plat pays et l'atelier du Boulevard Louis Schmidt.

Toujours présent à ce stade à la tête du holding faîtier des sociétés du groupe, DLX, Jean-Marc Loubier devrait prochainement aussi en sortir. Quittant par-là définitivement l'opérationnel. Objectif poursuivi? Regagner sa liberté d'expression en tant qu'actionnaire. En vue de soutenir au mieux les désirs futurs du groupe, en mains étrangères, entend-on.

20% toujours en mains belges

En 2011, pour rappel, la famille Schwennicke avait cédé la majorité du capital - où elle était entrée en 1933 après rachat à la famille Delvaux - au Français (ex-vice-président exécutif de Louis Vuitton et directeur général de Céline), accompagné du fonds hong-kongais Fung Brands et du fonds souverain de Singapour Temasek Holdings. Conservant au passage une participation de 20%. Jean-Marc Loubier avait alors pris la présidence du maroquinier au nom de la joint-venture, First Heritage Brands, liant les partenaires dans l'aventure. Avant de coiffer la casquette de CEO, vraisemblablement pour corriger une année 2018 au démarrage plus mou.

Devenue marque globale

120
millions €
Le chiffre d'affaires de la marque de luxe belge se situe aux alentours de 120 millions.

Résultats à la clé. Depuis le rachat - "à l'époque, la marque allait disparaître", se souvient l'intéressé -, Delvaux a en effet vu son chiffre d'affaires multiplié par dix, à quelque 120 millions d'euros environ aujourd'hui. Et ses ventes à l'international bondir de 3% à plus de 85% désormais. Après tout, le groupe exploite quelque 45 magasins à l'étranger et a ouvert un troisième atelier de fabrication à Avoudrey, dans le Doubs, en France, pour suivre la cadence - de même que clore au passage la période de production au Vietnam. En bref, Delvaux a complètement changé de statut sous la houlette de Jean-Marc Loubier, la marque artisanale et locale belge cédant en quelques années la place à une marque de luxe globale, avec des magasins justement placés et un actionnariat pluriel.

Mais sans que tout ne soit rose pour autant. La surexposition du groupe au marché chinois est par exemple à noter. Un marché qui accuse actuellement un coup, pour cause de coronavirus - ayant mené à des "profit warnings" parmi des géants tels que Ralph Lauren, Burberry ou encore Moncler. Et ce, après avoir déjà souffert des géantes manifestations de Hong Kong. Mais voilà, aujourd'hui, il en va d'une présence obligatoire pour tout acteur du luxe qui se respecte. Et puis, le chiffre d'affaires en République populaire est passé de 90% à 70% à présent, signe que la diversification menée après l'incursion asiatique est porteuse. Même en Belgique, le groupe croît, "alors que les Belges ne nous achetaient plus".

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