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Ontex s'active pour mettre en œuvre son plan de bataille

Ontex envisage de refinancer sa dette qui s'élève à 845 millions d'euros. ©BELGA

Ontex, qui finalement ne distribuera pas de dividende au titre de 2020, poursuit son examen stratégique portant sur ses activités et sa structure financière.

Comme attendu, les résultats du troisième trimestre dévoilés ce mercredi matin par Ontex ne sont pas folichons: contraction des ventes, chute de l’ebitda et rabotage de la marge. Ils sont toutefois légèrement supérieurs aux attentes, ce qui n’a pas empêché l’action d’être mise sous pression ce matin (-5%) avant de passer dans le vert.

Le fait que des "shorteurs" sont toujours à la manœuvre sur la valeur n’a pas aidé. Ni l’annonce que, finalement, il n’y aura pas de distribution de dividende. Au vu de la dette qui représente 3,86 fois l’ebitda, le contraire eut été une surprise.  

Revenus stables en 2021

Pour l’ensemble de l’exercice, le groupe qui anticipe une reprise de la croissance au deuxième trimestre, table sur des revenus stables sur une base comparable.

"Nous considérons cela comme un développement positif étant donné que nous anticipions une baisse de 2,1% avec un consensus encore plus pessimiste encore (-3,9%)."
Reginald Watson
Analyste chez ING

"Nous considérons cela comme un développement positif étant donné que nous anticipions une baisse de 2,1% avec un consensus plus pessimiste encore (-3,9%)" souligne Reginald Watson d’ING ("acheter"; 18,7 euros).

Le spécialiste des produits d’hygiène personnelle jetables n’en poursuit pas moins sa mise en ordre de bataille, afin d’inverser la vapeur et tenter de repartir sur le chemin de la croissance.

Refinancer la dette actuelle

Après avoir annoncé la nomination d’administrateurs, Ontex a renforcé son comité de direction avec un nouveau directeur financier et un "chief supply chain officer". Il poursuit également l’examen en profondeur de son business afin de rationaliser sa structure.

Quant à l’analyse du portefeuille d’activités, elle est proche de son terme. "L’objectif est d’assurer qu’il puisse maximiser les synergies et l’excellence opérationnelle" précise Ontex dans son communiqué.

Enfin, la structure financière est également passée au crible avec une volonté de refinancer la dette actuelle. Une série d’instruments de dette sont évalués en ce sens. Ontex n’évoque pas d’augmentation de capital.

Un catalyseur de plus

Alan Vandenberghe de KBC Securities ("acheter"; 18 euros) se dit très satisfait des changements au niveau de la direction et de la qualité des nouveaux profils. "En outre, les priorités stratégiques, qui restent de haut niveau, font sens à nos yeux dans la mesure où nous estimons qu’un focus et une discipline plus stricte des coûts aideront la société à améliorer sa performance et à restaurer la confiance."   

"Un focus et une discipline plus stricte des coûts aideront la société à améliorer sa performance et à restaurer la confiance."
Alan Vandenberghe
Analyste chez KBC Securities

Il attend la mise à jour de la stratégie et des objectifs financiers prévue pour le 21 juin. "Cela pourrait constituer un catalyseur de plus pour l’action" avance-t-il.

Enfin, Fernand de Boer de Degroof Petercam ("acheter"; 12 euros) signale que le cours actuel et l’incroyable décote (35 à 40%), par rapport à ses concurrents, pourraient refléter le fait qu’Ontex n’a pas d’issue à sa situation et qu’une émission d’actions, en fin de compte, semble inévitable.

3 questions à Esther Berrozpe, CEO d'Ontex

Une surprise que ce recul?

Non, une baisse était attendue au regard d'un premier trimestre 2020 exceptionnellement suite à l'accumulation en masse réalisée par les consommateurs au début de la crise. Depuis le troisième trimestre de l'année dernière, l'on a vu le marché se contracter, ce qui fut également le cas ici.
À cela, s'ajoute un déclin de la natalité en raison d'une certaine incertitude autour de la situation sanitaire et économique. Le nombre de familles soumises à des restrictions budgétaires a augmenté drastiquement, d'après nos recherches. L'on est ainsi passé de 20% à 60% des gens qui indiquent ne pas avoir assez d'argent pour faire face, ce qui constitue une importante opportunité commerciale pour nos produits vendus sous marque de distributeur.

Dans un contexte de hausse du prix des matières premières...

En effet. Nous en ressentirons les conséquences au deuxième trimestre. C'est pourquoi nous œuvrons à réduire nos coûts en travaillant plus efficacement.

Vous évoquiez en février un travail de désendettement d'ici juin. Où en est-on?

On regarde actuellement différents instruments – excepté une augmentation de capital à ce stade – afin de créer de l'espace et de la flexibilité pour la mise en place de notre stratégie dont certaines actions vont requérir du financement. J'aspire à achever le passage en revue du portefeuille d'ici fin juin, ce qui devrait me permettre de donner des réponses plus concrètes sur la diminution de notre endettement à ce moment-là. Ce qui est clair, c'est que cela n'arrivera pas plus rapidement.

SIMS

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