PAI Partners va-t-il faire le siège d'Ontex?

©Lieven Van Assche

Ontex a opposé une fin de non-recevoir à l'offre de rachat proposée par le groupe de "private equity" PAI Partners au motif qu'elle sous-évalue significativement la société. Mais PAI n'a peut-être pas dit son dernier mot.

On pouvait s’en douter. Ontex a aimablement dit "non" à l’offre non sollicitée soumise par PAI Partners. Motif invoqué: elle sous-estime significativement la valeur de l’entreprise.

Une rengaine moult fois entendue dans des scénarios similaires. Le rachat d’une entreprise, cotée de surcroît, ressemble à une parade amoureuse. Le prétendant doit démontrer de quoi il est capable pour séduire sa belle et la mener à l’autel (l’hôtel?). PAI Partners a franchi la première étape: il a déclaré sa flamme. Et a été éconduit. Se sentira-t-il blessé dans son orgueil au point de se chercher une nouvelle amoureuse ou va-t-il affiner sa stratégie (comprenez mettre la main au portefeuille) pour que la belle tombe dans ses bras?

Pas les perdreaux de l'année

On pourrait être vite fixé. Mais une chose est sûre, ces deux-là ne sont pas des perdreaux de l’année. PAI Partners est un professionnel du rachat d’entreprises. Il cible des participations majoritaires dans des groupes européens de taille moyenne ou grande qui sont des marques de référence dans leur marché. Son dernier fonds, le PAI Europe VII, a levé 5,1 milliards d’euros. En Belgique, PAI Partners s’est déjà fait connaître avec le rachat de AS Adventure en 2015.

Ontex, pour sa part, a déjà été rachetée par le fonds d’investissement britannique Candover en 2003 cinq ans après son introduction en Bourse. Les sérénades, il connaît.

Le groupe y est revenu, en Bourse, en juin 2014 en proposant ses actions au prix unitaire de 18 euros. Un niveau qui a failli être atteint, il y a quelques jours. Il faut dire que sur ces derniers mois, le parcours boursier de la valeur n’est guère enchanteur avec une perte de 30% depuis le mois de janvier et de 36% sur un an. C’est sans doute ce qui a rendu la belle plus désirable aux yeux de son prétendant chasseur de dot. Le plus haut historique de l’action remonte à février 2016 avec un cours de 35,16 euros.

Les "familles" se connaissent

Et ce qui nous fait dire que tout n’est pas fini entre eux, c’est que les deux "familles" se connaissent bien. GBL qui avec 19,98% du capital est l’actionnaire de référence d’Ontex a longtemps investi dans les fonds lancés par PAI et ce jusqu’à 2004 environ. Un lien historique. Avant de faire l’objet d’un rachat par sa direction en 2001 PAI appartenait à Paribas, l’allié français de très longue date d’Albert Frère.

Et puis, on a également rappelé que Charles Bouaziz, le CEO d’Ontex, siège au conseil de surveillance de PAI Partners. Mais qu’il a été tenu, bien entendu, à l’écart des discussions portant sur le mérite de l’offre proposée. Il a, par ailleurs, décidé de son propre chef de ne plus occuper sa fonction chez PAI aussi longtemps que nécessaire.

Les "shorteurs" vont souffrir

Quoi qu’il en soit, union à venir ou pas, cette déclaration d’amour va faire très mal aux vendeurs à découvert (les fameux "shorteurs") car elle transforme Ontex en société opéable. Vous noterez que dans son communiqué Ontex ne dit pas qu’elle n’est pas à vendre mais que le prix proposé la sous-évalue significativement.

Or, cette dernière est la valeur belge la plus "shortée". Les fonds spéculatifs qui parient sur une baisse totalisent une position de 9,03% de son capital. Ils vont, sans doute, dénouer tout ou partie de leurs positions assurant paradoxalement un soutien à l’action.

Pour l’heure, les analystes financiers n’ont pas encore commenté cette tentative de rachat. Avant celle-ci, sept d’entre eux recommandaient un achat du titre, un nombre similaire conseillaient de la "conserver" et trois de la vendre. L’objectif de cours moyen atteint 25,5 euros soit un potentiel de hausse de 31%.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content