Un actionnaire activiste s'invite chez Ontex

©BELGA

Le groupe français CIAM, qui a déjà pris des positions dans des dossiers liés à Ahold Delhaize et Renault détient depuis peu une participation de 3,18% dans le capital d’Ontex.

Le groupe d’investissement français CIAM, qui gère trois fonds, a franchi le seuil des 3% dans le capital d’Ontex , nous apprend une déclaration de transparence publiée vendredi soir. Si l’information nous parvient seulement aujourd’hui, ce niveau de participation a en fait déjà été dépassé le 18 juin dernier avec une position totale de 3,18%.

D’autres fonds figurent au tour de table du spécialiste des produits d’hygiène personnelle jetables. C’est le cas, entre autres, de ENA Investment Capital (5,13%), de Black Creek (3,02%) et de Bank of America Merrill Lynch (5,35%). Comme on le sait, GBL fait figure d’actionnaire de référence avec un bloc de 19,98%.

Ahold et Renault

La particularité de CIAM par rapport aux autres fonds actionnaires d’Ontex, c’est qu’il se profile comme un activiste. Cela signifie concrètement qu’il veut faire entendre sa voix sur certains aspects de la gestion d’une entreprise afin de dégager davantage de valeur.

On l’a vu à l’œuvre, début 2018, dans le cadre de la pilule empoisonnée prévue dans les statuts d’Ahold Delhaize . Il souhaitait que les actionnaires aient leur mot à dire sur ce mécanisme de défense contre une OPA et que la direction ne se cache pas derrière eux pour masquer son absence de vision stratégique.

Plus récemment, en juin dernier, en tant qu’actionnaire de Renault , le fonds a marqué son opposition au projet de fusion proposé par Fiat Chrysler qui, selon lui, dévalorisait le groupe français.

Bilan médiocre en bourse

Alors que vient faire CIAM chez Ontex? Le groupe français n’a pas encore émis – officiellement du moins – d’éventuelles critiques vis-à-vis de la gestion de ce groupe qui traverse une zone de turbulences.

Début juillet, son titre a touché son plus bas historique à 12,15 euros depuis son retour en bourse il y a cinq ans. Des rumeurs d’OPA de Procter & Gamble, apparues à la même époque, et des résultats semestriels jugés rassurants par le marché ont depuis lors soutenu le cours de l’action qui a grimpé de 26% jusqu'à aujourd'hui à 15,33 euros. Mais, sur trois ans, le bilan boursier reste médiocre avec une chute de 50%.


Constat similaire pour GBL qui est entré dans le groupe en 2015. Fin 2016, sa participation était valorisée à 423 millions d’euros. A la mi-juin 2019 elle ne pesait plus que 233 millions.

Si l’avenir d’Ontex reste toujours entre ses mains, il lui sera difficile de récupérer ses billes dans cet investissement sur le court voire le moyen terme, sans même parler d’une plus-value.

Cible préférée des "shorteurs"

Il y a un peu plus d’un an, un autre Français, PAI Partners, avait proposé 27,5 euros par action Ontex avant de revoir ce prix à la baisse après examen des comptes, ce qui avait engendré un refus du conseil d’administration. Entre-temps, Ontex a activé un plan destiné à générer de la valeur pour ses actionnaires.

Globalement, le marché reste très circonspect face aux perspectives du groupe. Comme l'a démontré notre dernier tour d'horizon, qui remonté à la mi-août, il est la cible belge préférée des vendeurs à découvert ("shorteurs"). Ces investisseurs, qui tablent sur une chute de l’action, totalisaient une position représentant 4,65% du capital.

De leur côté, les analystes financiers sont majoritairement à "conserver" sur le titre avec un objectif de cours moyen de 17 euros soit un potentiel de hausse de 11%.

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