"Un électrochoc bien nécessaire pour Ontex"

Depuis 2016, la valeur boursière d'Ontex a été divisée par trois. ©AFP

KBC Securities trace des pistes pour l'avenir d'Ontex qu'il juge clairement sous-évaluée en bourse. Le courtier qualifie d'électrochoc la démarche d'un actionnaire activiste. Il conseille un achat de l'action qui grimpait de 8% en matinée.

"Il fait toujours plus sombre avant l’aube", écrit Alan Vandenberghe de KBC Securities dans une note détaillée portant sur l’avenir et les possibles choix stratégiques qui s’offrent à Ontex .

On le sait, le spécialiste des produits d’hygiène personnelle jetables traverse une crise existentielle depuis des années avec un cours de bourse qui a été divisé par trois depuis 2016 pour atteindre 11 euros. Au grand dam de GBL , son actionnaire de référence, qui détient 20% acquis au prix moyen de 25 euros environ, selon les estimations de KBC. Rien que cette année, l’action a dévissé de 40%.

"L'action Ontex se traite avec une décote énorme par rapport à ses concurrents."
Alan Vandenberghe
Analyste chez KBC Securities

En juillet dernier, malgré des résultats semestriels plutôt encourageants, le CEO a été évincé. Quelques jours plus tard, ENA Investment Capital, actionnaire activiste détenant 15% du capital d’Ontex publiait une lettre ouverte dans laquelle il formulait ses griefs et ses suggestions sur la gestion du groupe. "Si Ontex poursuit notre plan, il devrait être capable de générer un return de 300 à 400% pour les actionnaires sur le moyen terme", y affirmait ENA.

Décote énorme

Alan Vandenberghe considère cette démarche comme un électrochoc bien nécessaire. "À des niveaux historiquement bas, l'action Ontex se traite aujourd'hui avec une décote énorme par rapport à ses concurrents", note-t-il. "Cela reflète davantage une perte de confiance plutôt que le potentiel sous-jacent."

62
%
Avec un objectif de cours de 18 euros, le potentiel de hausse s'élève à 62%.

En plus de restaurer la confiance avec une stratégie claire, il estime que le groupe doit se focaliser sur ses marges qui ont été érodées en raison d’un contrôle insuffisant des coûts. La marge ebit est ainsi passée de 10,4% en 2015 à 6,9% en 2019.

L’analyste évoque d’autres pistes qui permettraient à Ontex de repartir de l’avant. La cession des activités en Amérique Latine qu’il évalue à 290 millions d’euros et un renforcement sur le marché nord-américain, par exemple.

Des rachats?

Il cite aussi des acquisitions dans un marché qui reste très fragmenté et rappelle, qu’il y a quelques semaines, Domtar a indiqué qu’il envisageait différentes options pour sa division "personal care" y compris une vente. Quant à un éventuel rachat d'Ontex, il se montre plus sceptique vu le prix payé par GBL pour sa participation.

Pour lui, la société est clairement sous-évaluée. Même dans un scénario pessimiste, il arrive à une valorisation de 14 euros. Dans la version optimiste, elle atteint 27,5 euros. Il a finalement fixé son objectif de cours à 18 euros ce qui représente un potentiel de hausse de 62% et recommande un achat du titre. Notons que le target moyen des analystes s’élève à 16,2 euros.

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