Ça chauffe pour les semi-conducteurs

©AFP

Après le géant Samsung et le groupe Dialog Semiconductor, deux autres noms du secteur ont abaissé leurs prévisions pour les prochains mois. Mais selon leurs dires, ce ne serait qu'un ralentissement temporaire.

Les temps sont durs pour le secteur des semi-conducteurs. Dernier exemple en date, l'avertissement sur résultats lancé simultanément ce mardi par le spécialiste autrichien AMS  et le groupe allemand Infineon  . Le premier s'attend à une fonte de son chiffre d'affaires au premier trimestre, après avoir déjà abaissé ses prévisions en novembre dernier. Il vise à présent une fourchette entre 350 et 390 millions de dollars. Ce qui est bien inférieur aux attentes des analystes, qui tablaient en moyenne sur des ventes à 404,5 millions selon les données compilées par Bloomberg.

"Pour les premiers mois de l'année 2019, AMS s'attend à ce que les revenus reflètent un contexte de marché plus défavorable et une demande modérée des smartphones, auxquels s'ajoute la traditionnelle saisonnalité du marché de la consommation au premier trimestre", souligne la société dans son communiqué. Un constat partagé par son homologue Infineon qui parle d'un environnement avec "des niveaux d'incertitude élevés". Le fabricant allemand de puces électroniques a de son côté revu à la baisse ses attentes pour son chiffre d'affaires 2018-2019, tablant désormais sur une croissance de 9%.

En Bourse, la réaction des investisseurs est sans appel pour AMS. L'action signe la plus forte baisse au sein de l'indice paneuropéen Stoxx 600 et du secteur des valeurs technologique. "Au regard du manque de visibilité sur 2019, il n'est pas certain que ce soit la dernière révision à la baisse des objectifs", craignent les analystes de JP Morgan. La sanction est d'autant plus forte que le titre avait repris de la hauteur depuis le début de l'année (+14,5% avant la publication de ses résultats). Aujourd'hui, ce sont les "shorteurs" qui se frottent les mains. Selon les données de IHS Markit, les investisseurs ont vendu à découvert environ 32% du capital flottant de la société.

Une mauvaise passe?

De nombreux signes avant-coureurs étaient pourtant apparus ces dernières semaines. À commencer par l'avertissement sur résultats lancé par Apple  , qui compte pour environ 45% du chiffre d'affaires d'AMS. Pour mémoire, le géant américain avait annoncé début janvier tabler sur un chiffre d’affaires d’environ 84 milliards de dollars pour la période octobre-décembre. Finalement, il sera de 84,3 milliards de dollars, en repli de 5%.

Le géant coréen Samsung a lui aussi averti d'une baisse significative de son activité dans les semi-conducteurs. La faute à Apple mais également à "tous les fabricants de smartphones, de serveurs et de PC qui n’achètent plus", avait expliqué à l'époque Song Myung-sup, un analyste chez HI Investment & Securities. Plus proche de chez nous, le groupe allemand Dialog Semiconductor   a fait état mi-janvier d'un chiffre d'affaires provisoire de 431 millions de dollars (376 millions d'euros) pour le quatrième trimestre 2018, dans le bas de la fourchette de ses prévisions.

"Cela nous donne confiance dans le fait que nous allons renouer avec la croissance au second semestre, malgré une visibilité réduite"
Reinhard Ploss
président du directoire d'Infineon

Pour autant, AMS et Infineon ont tous les deux tenté aujourd'hui de rassurer les investisseurs. Le premier a indiqué prévoir un second semestre meilleur, tandis que le second a affirmé que la demande devrait repartir grâce à la réduction des stocks. "Cela nous donne confiance dans le fait que nous allons renouer avec la croissance au second semestre, malgré une visibilité réduite", s'est réjoui Reinhard Ploss, le président du directoire d'Infineon. Un message visiblement entendu par certains. Après avoir ouvert dans le rouge, l'action Infineon est repartie en territoire positif.

Place à Melexis

Dans cet environnement difficile, que faut-il attendre des résultats annuels de Melexis  ? La société belge doit dévoiler ses chiffres ce mercredi matin avant l'ouverture des marchés. Même si ses activités sont principalement tournées vers l'automobile, les investisseurs risquent d'être sur leurs gardes et de ne laisser passer aucune mauvaise nouvelle, fût-elle temporaire.

Selon les données compilées par Bloomberg, les analystes s'attendent à des ventes atteignant 140 millions d'euros pour les derniers mois de 2018. Chez KBC Securities, l'analyste Guy Sips table sur un chiffre d'affaires de 140,3 millions d'euros au quatrième trimestre (en baisse de 4,4%), et de 568 millions pour l'exercice annuel (en hausse de 11%). Il rappelle que le groupe avait évoqué des corrections d'inventaire de ses clients en raison notamment des tensions commerciales. "Nous attendons avec intérêt une mise à jour à ce sujet et toute autre indication concernant l'exercice 2019", indique l'analyste dans une note publiée le 31 janvier. Sa recommandation reste pour l'instant à "acheter". Ses homologues sont eux partagés entre "acheter" et "conserver".

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