Craintes croissantes pour les semi-conducteurs

©Dieter Telemans

Après l’avertissement sur résultat de Be Semiconductor, la pression s’accroît sur les semi-conducteurs avec l’affaire Micron. Chez nous, Melexis a perdu 20% en moins d’un mois.

Le second semestre commence mal pour les actions européennes, en particulier pour le compartiment des semi-conducteurs. Les incertitudes s’accumulent depuis plusieurs jours. Dernier exemple en date, l’affaire du groupe américain MicronTechnology. La justice chinoise a décidé l'interdiction temporaire de la vente dans le pays de 26 de ses produits.

"Alors que la guerre commerciale menace, la Chine et les Etats-Unis essayent d’avoir le plus de cartes possibles entre leurs mains."
Roger Sheng
Analyste chez Gartner Inc

L’entreprise est accusée d'avoir enfreint plusieurs brevets détenus par le taïwanais United Microelectronics (UMC). Une annonce qui a fait chuté l’action de 5,5% sur le Nasdaq mardi soir, et entrainé les valeurs européennes dans le rouge ce mercredi. Siltronic a reculé de 7,02%, STMicroelectronics de 2,80% et Infineon de 1,87%. À la Bourse de Bruxelles, le titre Melexis a pour sa part signé la plus forte baisse de la séance (-3,39%).

L’affaire fait d’autant plus grand bruit sur les marchés financiers que certains y voient une conséquence des tensions géopolitiques. "Alors que la guerre commerciale menace, la Chine et les Etats-Unis essayent d’avoir le plus de cartes possibles entre leurs mains. Des sociétés comme Micron sont en plein milieu de la tempête", a commenté Roger Sheng, analyste chez Gartner Inc.

"Cependant, je ne pense pas que le tribunal local ait reçu des ordres de Pékin pour bannir Micron. Ce n'est simplement pas le fonctionnement du système gouvernemental chinois."

Impact limité sur Melexis

 Certains observateurs craignent d’ailleurs que ce contexte difficile n’impacte le secteur automobile, et donc indirectement les semi-conducteurs. Pour mémoire, le président américain Donald Trump a menacé d'imposer des taxes douanières de 20% sur toutes les importations de voitures assemblées dans l'Union européenne. La chancelière allemande Angela Merkel l’a mis en garde ce mercredi contre le risque d'une "véritable guerre" commerciale s’il mettait ses menaces en application.

"C’est un secteur très cyclique, qui souffre au moindre signe de ralentissement"
Stefaan genoe
Degroof Petercam

Ces tensions sont la raison principale qui explique la chute de l’action Melexis depuis plusieurs semaines. Elle a perdu environ 20% en moins d’un mois. "Les semi-conducteurs sont un secteur très cyclique. Dès qu’il y a des craintes d’un ralentissement, les cours baissent", résume Stefaan Genoe, responsable de la recherche actions chez Degroof Petercam. "Melexis est également touché même si la société est plus atypique. Elle ne possède pas d’usine de production. Du coup, sa base de coûts fixes est moins prononcée".

L’analyste estime par ailleurs que l’impact d’éventuelles taxes douanières sera limité sur la croissance bénéficiaire de l’entreprise belge. Pour lui, Melexis devrait délivrer le 1er août des chiffres en ligne avec les attentes pour le deuxième trimestre. Et elle ne devrait pas modifier sa guidance pour le reste de l’année. "La chute de Melexis est plutôt une histoire de sentiment de marché".

 

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