Melexis, future cible d'une OPA?

Dirigée par Françoise Chombar, Melexis pèse 3,9 milliards d'euros en bourse. ©belga

Le secteur des semi-conducteurs s'agite avec, ce lundi, l'annonce du rachat de Dialog pour 4,9 milliards d'euros. Melexis pourrait-elle attirer les convoitises?

Depuis quelques jours, ça s’excite comme des puces dans le secteur des semi-conducteurs. Vendredi, un média italien signalait que STMicroelectronics pourrait jeter son dévolu sur un spécialiste européen des puces pesant environ 4 milliards d’euros en bourse.

Il évoquait des noms comme Siltronic, Melexis et Dialog, ce qui a provoqué un petit accès de fièvre sur ces actions en fin de semaine, Melexis gagnant 5% alors que les bons résultats du groupe de semi-conducteurs focalisé sur le segment automobile avaient été boudés par le marché.

3,9 milliards
d'euros
Aujourd'hui, Melexis vaut 3,9 milliards d'euros en bourse.

Ce lundi, le groupe japonais Renesas, spécialisé également dans l’automobile, a brûlé la politesse à STMicroelectronics en annonçant le rachat de Dialog Semiconductor pour 4,9 milliards d’euros, offrant, au passage, une prime de 20%.

Capital verrouillé

L’action Melexis a encore profité de cette annonce: elle s’est adjugé un peu plus de 2% sur la séance. Mais la société, qui vaut aujourd’hui 3,9 milliards d’euros en bourse, pourrait-elle être, à son tour, la cible d’une OPA? Peu de chances, en réalité, à en croire les analystes que nous avons interrogés.

"Nous ne pensons donc pas que Melexis puisse faire l’objet d’un rachat potentiel".
Loïc De Smet
"Equity sales" chez Kepler Cheuvreux

Il y a tout d’abord un obstacle qui empêche toute offre hostile: le capital est verrouillé. Le holding Xtrion, détenu par Roland Duchâtelet, Françoise Chombar (future ex-CEO de Melexis) et Rudi De Winter (CEO de X-Fab), possède 53,6% des parts. Imparable sauf si ces derniers ont envie de vendre.

Mais d’après Loïc De Smet, de Kepler Cheuvreux ("conserver"; 95 euros), il n’y a aucun intérêt des fondateurs dans ce sens. "Nous ne pensons donc pas qu’elle puisse faire l’objet d’un rachat potentiel." Le spécialiste pointe également le fait que la société est très bien gérée, qu’elle occupe un très bon positionnement sur le marché et qu’elle est en phase de croissance.  

Liens avec X-Fab

Même sentiment du côté de Tom Simonts, économiste financier senior chez KBC, qui ne croit pas en une OPA. Melexis n’en a pas besoin, affirme-t-il, car son bilan est solide et qu’elle est bien présente dans l’innovation. "Elle ne nécessite pas d’économie d’échelle et est heureuse avec sa structure actuelle", ajoute-t-il.

Autre écueil pour un éventuel offrant. X-Fab , l’un des principaux clients de Melexis, est une société sœur via l’actionnaire commun Xtrion. Même s’il y a une offre sur Melexis, il est certain que les relations avec X-Fab feront partie du deal, estime Tom Simonts.

Enfin, la valorisation de Melexis est supérieure à la moyenne du secteur, ce qui ne devrait toutefois pas constituer un frein majeur. "Actuellement, l’argent est gratuit", rappelle Tom Simonts.

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