Pour le CEO d'Intel, la pénurie de puces devrait durer quelques années

Les puces électroniques sont "une industrie importante et critique et nous en voulons davantage sur le sol américain", affirme le CEO d'Intel Pat Gelsinger. ©REUTERS

Il faudra encore quelques années avant de rattraper l'explosion de la demande, affirme Pat Gelsinger, le patron d'Intel. Il estime qu'il faut ramener la production aux États-Unis.

Il devient de plus en plus évident que la pénurie de puces qui touche actuellement les secteurs de l’automobile et de la tech ne disparaîtra pas de sitôt. Plusieurs patrons s'en sont inquiétés.

Selon Pekka Lundmar, le CEO de Nokia, la pénurie s'est transformée en "combat" qui risque de s’éterniser jusqu’en 2023. Jean-Marc Chery, le directeur général du fabricant franco-italien de puces STMicroelectronics, prédit, de son côté, un niveau élevé de la demande dans les prochaines années.

"Cela peut durer plusieurs mois avant que la pression sur l'offre commence quelque peu à diminuer."
Pat Gelsinger
CEO d'Intel

C'est maintenant au tour du nouveau patron d’Intel d’y aller de son commentaire. Dans un entretien à la chaîne américaine CBS News, Pat Gelsinger explique, en effet, que son entreprise transforme actuellement plusieurs de ses usines pour y augmenter la production et répondre à la pénurie de puces électroniques qui, selon lui, pourrait encore durer quelques années.

"Cela peut durer plusieurs mois avant que la pression sur l'offre commence quelque peu à diminuer",  prévoit-il notamment.

Pénurie mondiale

De nombreuses entreprises prédisent que cette pénurie, qui touche de multiples industries, devrait perdurer pour une bonne partie de 2021, faute d'un retour à l'équilibre entre l’offre et la demande de semi-conducteurs.

12
Pour cent
12% des semi-conducteurs sont produits aux États-Unis, contre 37% il y a 25 ans.

En 2020, les confinements ont soutenu, en effet, la demande pour les moyens de télécommunication ou les consoles de jeu, ce qui a entrainé un pic de la demande pour les puces électroniques. Dans le même temps, l’offre s’est heurtée aux retards de production, aux problèmes logistiques et aux soucis d’approvisionnement en raison de la crise sanitaire.    

La pénurie a ainsi forcé l’industrie automobile à couper ses perspectives de production. Ford a déjà prévenu qu’elle allait probablement être contrainte de réduire sa production de 1,1 million de véhicules cette année. De leur côté, les géants de la tech, comme Apple, ont souligné que les contraintes d'approvisionnement freinaient les ventes de leurs produits.

Retour sur le sol américain

En tout cas, cette crise a eu le mérite de placer les fabricants de puces au centre du débat, notamment politique. Le mois dernier, l'administration Biden a ainsi déclaré, à l'intention des entreprises qui se disputent les puces, qu'elle bénéficiait d'un soutien bipartite en faveur d'un financement public pour remédier à la pénurie.

"C'est une industrie importante et critique et nous en voulons davantage sur le sol américain."
Pat Gelsinger
CEO d'Intel

Toujours en avril, le président Joe Biden affirmait que les États-Unis devaient répondre à la pénurie en investissant dans leurs "infrastructures de semi-conducteurs", selon des propos relatés par NBC News.

De son côté, le patron d’Intel souligne l’effritement de la domination américaine dans le secteur, alors que seulement 12% des semi-conducteurs sont encore produits aux États-Unis, contre 37% il y a un quart de siècle.

"Toute personne qui s'intéresse à la chaîne d'approvisionnement se dit que c'est un problème", affirme Pat Gelsinger, ajoutant que son entreprise cesserait dorénavant de se focaliser sur son programme de rachats d'actions. "C'est une industrie importante et critique et nous en voulons davantage sur le sol américain."

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