Avant d'être vendue, Integrale doit se rétablir

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L'assureur vie détenu par Nethys cherche un repreneur, mais doit d'abord redresser son ratio de solvabilité. La direction annonce dès lors un plan de rétablissement.

L'assureur Integrale est en vente, ce n'est pas nouveau. Nethys, qui en détient 71%, en avait fait état dans sa note stratégique 2020-2025 publiée le mois passé. Le groupe liégeois entend se désengager des activités qui ne font pas partie de son cœur de métier.

La recherche d'un acquéreur ne sera peut-être pas une sinécure. L'assureur vie publiait ses résultats pour l'exercice 2019 ce jeudi et tous les voyants ne sont pas au vert. Si Integrale a enregistré un résultat opérationnel de 43,5 millions d'euros avant provision, c'est plutôt son taux de solvabilité qui pose question.

"Le plan de rétablissement ne sera toutefois pas suffisant pour répondre aux objectifs qu’Integrale s’est fixés."
Michel De Wolf
Président d'Integrale

Alors qu'il se situait encore à 154% fin 2018 et à 113% fin 2019, celui-ci est tombé sous la barre des 100% au cours de cette année. "Notre activité quasi exclusive en assurance-vie par rapport à d’autres acteurs du marché explique largement la baisse et la forte volatilité de ce ratio", indique le président du conseil d'administration Michel De Wolf.

Plombé par l'environnement de taux négatifs, l'assureur a été contraint de procéder à des investissements plus risqués pour garantir le rendement des polices contractées auprès de lui par quelque 6.000 entreprises et 170.000 affiliés.

Plan de rétablissement

Mais rester au dessus de ces 100% est une exigence réglementaire, et ne pas atteindre ce seuil est problématique dans le cadre d'un processus de vente. Pour y remédier, le conseil d'administration avait décidé le mois passé de procéder à une augmentation de capital de 85 millions d'euros.

Ce jeudi, Integrale annonce avoir introduit un "plan de rétablissement" destiné à assurer son avenir auprès de la Banque nationale, son autorité de supervision. Le projet comporte "des actions managériales de réduction de risque", mais aucune forme de plan social, précise l'entreprise.

"Ce plan de rétablissement ne sera toutefois pas suffisant pour répondre aux objectifs qu’Integrale s’est fixés, à savoir retrouver un ratio de capital requis de 125%", indique Michel De Wolf. Pour atteindre cet objectif, la compagnie compte sur BNP Paribas, qu'elle a mandatée pour procéder à sa vente, afin de trouver un acquéreur capable de la recapitaliser.

Ethias hors course

Toute la question demeure: quel candidat acquéreur la banque française va-t-elle pouvoir attirer? La piste la plus logique conduit vers Ethias. La compagnie est non seulement belge et publique (ses actionnaires sont le Fédéral et les Régions wallonne et flamande), mais de plus établie à Liège, à quelques encablures des bureaux d'Integrale.

"Un acquéreur sera sans doute difficile à trouver car Integrale ne semble pas en très bon état."
Un assureur

Officiellement, Ethias ne se prononce pas sur la question. Mais il semble qu'il n'est nullement dans son intention de jeter son dévolu sur sa consœur liégeoise, malgré ce qu'appelait de ses vœux le président du PS liégeois Jean Pierre Hupkens dans nos colonnes en février. D'abord, parce qu'elle a été échaudée par l'épopée des comptes FIRST et n'entend pas replonger tout de suite dans le segment vie. Ensuite, "parce qu'Integrale ne semble pas en très bon état", ajoute un assureur.

Une autre piste mène à Apicil. Le groupe mutualiste français, quatrième de la protection sociale dans l'hexagone, est déjà présent dans l'actionnariat d'Integrale et était censé accroître sa participation, mais l'annulation du déménagement de la compagnie vers le Luxembourg a également reporté sine die ce projet.

Un autre nom glissé parmi les acquéreurs potentiels est celui d'une autre mutuelle française, le groupe Monceau Assurances, connu en Belgique pour faire partie des coopérateurs de NewB.

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