Des "Telenet-boys" créent une famille de fonds sous l'enseigne Fortino

Duco Sickinghe, ex-CEO de Telenet ©Dieter Telemans

Après avoir lancé le fonds Fortino en 2013, Duco Sickinghe et Renaat Berckmoes, deux anciens dirigeants de Telenet, fédèrent d’autres ex-membres de la direction du câblo-opérateur dans un deuxième fonds apparenté au premier, Fortino Capital. Dédié comme le premier aux petites et moyennes entreprises prometteuses, il est lesté de 43 millions d’euros.

D’anciens dirigeants et administrateurs du câblo-opérateur Telenet sont en train de constituer un véritable groupe de fonds d’investissement basés en Belgique. Voici un peu plus de deux ans, l’ex-CEO de l’opérateur, Duco Sickinghe, et son ex-directeur financier, Renaat Berckmoes, avaient déjà pris l’initiative de créer le fonds Fortino, pour lequel ils avaient levé 22 millions d’euros. Deux autres anciens administrateurs de la "maison Telenet", Frank Donck et Michel Delloye, viennent de les rejoindre pour lancer un nouveau fonds, lié au premier.

Baptisé Fortino Capital, celui-ci se voit lesté d’un capital social près de deux fois plus important, 43 millions d’euros. Les deux nouveaux venus ont par ailleurs une riche carrière derrière eux, Frank Donck siégeant au conseil de la banque KBC, et Michel Delloye ayant figuré un temps dans la garde rapprochée d’Albert Frère pour le compte duquel il avait dirigé sa branche audiovisuelle, avant de se muer en serial-entrepreneur (Automatic Systems, EVS…).

D’autres personnalités du monde de la finance et des affaires les ont rejoints dans l’aventure de Fortino Capital, parmi lesquels Mark Leysen, qui préside Econopolis, Yves Carakehian, un ancien dirigeant du groupe sidérurgique ArcelorMittal, ou encore un membre des familles actionnaires de la banque récemment fusionnée Degroof Petercam. Plusieurs de ces dirigeants se sont par ailleurs croisés dans différentes structures du monde du capital-risque belge.

©Mediafin

Il n’empêche que l’équipe pilotant l’ensemble Fortino, complété par une troisième société de gestion, Fortino Beheer, commence à ressembler de près à celle qui dirigeait Telenet sous l’ère Sickinghe, c’est-à-dire avant l’offre de rachat à moitié loupée de Liberty Global en 2012-2013. Duco Sickinghe s’était, pour rappel, opposé au prix proposé par l’actionnaire majoritaire américain, suite à quoi il avait démissionné de la direction du câblo-opérateur.

L’objet social du nouveau fonds créé sous la forme d’une société en commandite est limpide: il prendra des participations dans des entreprises des secteurs des technologies de l’information, de la communication, de l’internet, des logiciels, des télécoms et des médias. Il visera aussi les sociétés présentant un grand potentiel de développement commercial en raison de leurs marques ou de leurs produits, ainsi que plus généralement dans des entreprises ayant pour objectif de croître par l’innovation, les changements structurels ou l’expansion nationale ou internationale. Ce sont les petites et moyennes entreprises qui sont ciblées, le fonds ayant pour stratégie de miser à long terme.

Fortino vient d’investir dans UnifiedPost, une société high tech spécialisée dans le partage d’applications et de documents.

Portefeuille

Le premier fonds, Fortino, vient d’effectuer un investissement dans UnifiedPost, une compagnie technologique se proposant de faciliter les partages de documents et d’applications entre professionnels. À noter qu’un des nouveaux venus dans Fortino Capital, Michel Delloye, a aussi investi dans UnifiedPost via sa société Cytiholding.

Auparavant, Fortino a notamment investi dans Seaters, la start-up belge qui se charge d’optimaliser l’occupation des places aux événements sportifs ou musicaux, mais aussi dans TrendMiner, un fournisseur de logiciels pour l’industrie du process; Zentrick, une plateforme en ligne permettant de mesurer les performances obtenues par vidéo, ou encore dans Teamleader, une société offrant des services de gestion de relations clients (CRM). Plus atypique, la participation qu’il a souscrite dans Coralba, une eau minérale "premium" embouteillée dans les Alpes italiennes mais commercialisée au départ d’Anvers.

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