L'ex-Dexia français passe dans le giron de la Caisse des dépôts

La Sfil, ex-Dexia en France, va intégrer le pôle financier public français. ©IMAGEGLOBE

La Caisse des dépôts va prendre le contrôle de la Sfil, héritière de Dexia dans l'Hexagone. L'opération s'inscrit dans l'édification d'un grand pôle financier public en France.

Lorsque Dexia est passée pour la seconde fois tout près de la désintégration en 2011, la Belgique perdait une de ses plus importantes banques commerciales, mais également le principal bailleur de fonds des autorités locales. Ce dernier rôle, Dexia le remplissait également en France. Pour remédier au naufrage du bancassureur, l'État français bâtit la Société de financement local (Sfil) en 2013.

27
milliards d'euros
Fin 2019, la Sfil avait un portefeuille de 27 milliards d'euros de crédits à long terme octroyés aux collectivités locales.

Ce mercredi, l'agence des participations de l'État (APE), équivalent français de la SFPI, a annoncé la signature d'un accord contraignant pour la prochaine prise de contrôle de la Sfil par la Caisse des dépôts. Cette dernière, qui dispose déjà de 20% du capital, va acquérir les 5% détenus par la Banque Postale ainsi que la quasi-totalité des 75% entre les mains des autorités, "à l'exception d'une action ordinaire que l'État conservera", précise l'APE.

Par cette manoeuvre, l'État demeurera présent au conseil d'administration par l'intermédiaire d'un censeur "compte tenu des missions d'intérêt public de la Sfil", indiquent les différentes parties.

La Sfil est le principal argentier des collectivités locales en France, avec pas moins de 27 milliards d'euros de prêts à long terme. Elle est aussi le premier fournisseur de liquidités pour le refinancement des gros contrats à l'exportation.

Pôle financier public

L'opération avait déjà été annoncée il y a un peu plus d'un an et permet à l'État français de se désengager de la structure et de progresser dans la construction de son grand pôle financier public. Celui-ci doit réunir, au sein de la Caisse des dépôts, La Poste, la Banque Postale, CNP Assurances et la Sfil. En procédant de la sorte, les autorités françaises veulent transformer La Poste en un bancassureur public avec un ancrage local fort et la rendre moins dépendante du courrier.

Dès le soir du 4 mars, l'opération sera faite au plan capitalistique, le conseil de CNP sera modifié et dès ce moment-là, nous serons responsables de plus de 700 milliards de total de bilan.
Rémy Weber
Président du directoire de La Banque Postale

La Banque Postale aura "un rôle central dans le dispositif", indiquait l'APE en octobre, en renouvelant par anticipation son partenariat avec Sfil "jusqu'à fin 2026 pour la commercialisation des prêts de moyen et long termes aux collectivités territoriales et hôpitaux publics".

"Dès le soir du 4 mars, l'opération sera faite au plan capitalistique, le conseil de CNP sera modifié (...) et dès ce moment-là, nous serons responsables de plus de 700 milliards de total de bilan", a déclaré lundi Rémy Weber, président du directoire de La Banque Postale.

L'opération doit être finalisée dans le courant du premier semestre et reste soumise à l'approbation des autorités compétentes, dont la Banque centrale européenne. 

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