La BNB somme Integrale d'accélérer son plan de rétablissement

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Nouveau caillou dans la chaussure de Nethys, qui tente de se désengager d'Integrale. Le plan de redressement de l'assureur ne permettra pas de recapitaliser Integrale, estime la Banque nationale.

La Banque nationale de Belgique (BNB) a fait savoir ce mercredi à Integrale que son programme de rétablissement "ne pouvait être accepté en l'état notamment parce que les mesures qu'il contient ne permettent pas d'assurer que le processus de vente puisse être concrétisé dans un délai permettant de répondre aux dispositions de la législation en matière d'exigence de capital".

L'assureur vie du groupe Nethys avait introduit ce programme auprès de la Banque centrale le 16 juillet dernier. Son objectif premier est de redresser le ratio de solvabilité, actuellement passé sous la barre des 100%.

"Le plan de rétablissement ne permet pas d'assurer que le processus de vente puisse être concrétisé dans un délai permettant de répondre aux dispositions de la législation en matière d'exigence de capital."
Banque nationale de Belgique

Avec son activité qui se concentre quasi exclusivement sur le segment vie, Integrale a subi les conséquences de l'environnement de taux négatifs et a été contraint de procéder à des investissements plus risqués pour garantir le rendement des polices contractées auprès de lui par quelque 6.000 entreprises et 170.000 affiliés.

En juin, le conseil d'administration avait décidé de procéder à une augmentation de capital de 85 millions d'euros. Un plan de redressement supplémentaire était cependant nécessaire.

Qui pour reprendre la compagnie?

Ce programme "comportait des actions managériales de réduction de risque". Il partait du constat que l'actionnaire principal, Nethys, qui détient 71% des parts de la compagnie, a entamé un processus de vente. La filiale opérationnelle de l'intercommunale liégeoise Enodia a placé Integrale dans la catégorie dont elle entend se désinvestir à court terme dans son projet de plan stratégique 2020-2025.

BNP Paribas a été mandatée pour trouver un acquéreur. Celui-ci devra avoir les reins assez solides pour recapitaliser la compagnie, le président du conseil d'administration d'Integrale, Miche De Wolf, ayant lui-même concédé que le plan de rétablissement ne sera pas suffisant pour ce faire.

Les candidats acheteurs ne se bousculeraient dès lors pas au portillon. Il semble en tout cas très peu probable qu'Ethias en fasse partie, elle qui s'est quasiment totalement retirée du segment vie.

La Banque nationale a fixé au 30 septembre l'échéance pour laquelle Integrale doit répondre à ses exigences. D'ici là, elle devra régulièrement informer l'institution de l'état d'avancement des négociations avec les repreneurs potentiels.

"Le conseil d’administration se réunira dans les prochains jours pour analyser collégialement la décision de la Banque nationale et déterminer un plan d'action pour respecter le délai imparti", conclut Michel De Wolf.

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