"Trop tôt pour dire quelle indemnisation les actionnaires de Fortis recevront" (Bart De Smet, Ageas)

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Vu le nombre de demandes d'indemnisation reçues, Ageas pourrait ne pas dédommager les actionnaires à 100%. Les explications de Bart De Smet, CEO d'Ageas.

Vous avez reçu 290.000 demandes d’indemnisation d’actionnaires Fortis. Ces actionnaires doivent-ils s’attendre à ne pas être dédommagés à 100% ?

Bart De Smet. Comme nous l’avions déjà signalé au premier trimestre, nous avons reçu un nombre incroyable de dossiers. Il pourrait y avoir une certaine dilution pour les demandeurs. Mais il est impossible d’être plus précis à ce stade. Tous les dossiers n’ont pas encore été vérifiés: il y a peut-être des doublons, par exemple. Il faudra attendre la fin de l’année pour avoir une vue précise sur la question.

L’indemnisation pourrait-elle être inférieure à 70%, pour ceux qui ont introduit leur demande en 2019 ?

C’est trop tôt pour le dire. Tout dépendra du montant total des demandes. Ceux qui ont introduit leur dossier avant fin 2018 ne doivent par contre pas être inquiets: ils bénéficieront au moins de 70% des montants indicatifs par action, même s’ils n’ont pas encore été payés.

Faute d’avoir réalisé une acquisition en Europe ou en Asie, vous lancez un nouveau programme de rachat de vos propres actions. N’est-ce pas un aveu de faiblesse?

Si j’ai une voiture qui roule bien, je ne vois pas pourquoi je payerais trop cher pour une deuxième.
Bart De Smet
CEO d'Ageas

Nous avons une stratégie d’acquisition très claire, centrée sur l’Europe et l’Asie, de préférence en non-vie, dans des marchés où nous avons une position clé et où nous pouvons réaliser un ‘return on equity’ de 11%, et nous nous y tenons. Nous regardons quelques dizaines de dossiers par an. Depuis 2009, nous avons vendu une dizaine d’activités, et nous en avons acheté 7 ou 8. Mais nous voyons trop de dossiers où les prix nous semblent trop élevés. Nous refusons de payer trop cher une acquisition qui ne nous renforcerait pas mais nous affaiblirait. Si j’ai une voiture qui roule bien et dont je suis content, je ne vois pas pourquoi je payerais trop cher pour une deuxième. Nous préférons remettre le cash à nos actionnaires, qui décideront quoi en faire

Malgré les fortes turbulences sur les marchés, vous semblez optimiste…

Nous avions souffert l'an dernier de moins-values sur acrions en Asie, que nous avons en partie récupéres. Notre performance opérationenlle est bonne. Quasiment toutes les compagnies matures du groupe paient des dividendes. Nous tablions, sur l’ensemble de 2019, sur un résultat net de 800 à 900 millions d’euros, que nous allons atteindre, voire légèrement dépasser, sauf événement majeur inattendu. En Asie, nous voyons une forte incertitude sur les marchés, mais ce n’est pas parce que la croissance économique diminue que nos volumes de primes reculent. Et la diversification du groupe est importante, parce qu’il n’y a pas d’années sans élément négatif dans un pays ou un autre, dans une activité ou une autre.

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