AG Insurance va vendre de l'aide à domicile aux seniors

©AFP

L’assureur a conçu avec Securitas, Econocom et Homeras une plateforme visant les seniors et leur famille.

Bart De Smet, le CEO d’Ageas, en avait récemment touché un mot – sans plus – lors d’un "investor day" à Londres. Le propriétaire d’AG Insurance (à 75%, le reste est dans les mains de BNP Paribas Fortis) annonçait le lancement prochain en Belgique de Be Home, un programme censé "permettre aux personnes âgées de rester plus longtemps à la maison".

Mais encore? L’assureur a ouvert ses cartons pour nous en dire plus. AG Insurance, première compagnie belge avec 21% de part de marché, s’apprête à commercialiser, non pas Be Home, mais "Phil at home", une plateforme interactive de services pour les seniors et leur famille.

Il ne s’agit pas de soins à domicile, mais d’assistance. Le premier paquet de services comprendra un coordinateur personnel à proximité de la maison, un service de réparation et d’entretien, des outils de communication (tablette et app), un bouton d’urgence (relié aux membres de la famille et à une centrale d’alarme).

"Pas que digital"

"On ne parle pas ici d’un service 100% digital", situe Hans De Cuyper, le CEO d’AG Insurance. "On parle de technologie, avec les moyens de communication, les capteurs etc., mais on parle aussi d’humain avec l’assistant personnel proche de la maison, qui se rend sur place quand nécessaire et qui deviendra une personne de confiance pour le senior et pour la famille."

Les tendances du secteur

2,3 milliards €

Rentabilité en hausse

Les assureurs belges ont généré en 2017 des bénéfices nets cumulés de 2,3 milliards d’euros, en hausse de 71% sur un an. Il est vrai que 2016 avait été marquée par les attentats de Bruxelles et par d’importantes tempêtes et inondations. Après une année 2017 très calme, 2018 affiche déjà 202 millions d’euros de coûts de sinistres pour catastrophes naturelles.

+10%

Reprise dans l’assurance-vie individuelle

Après des années de baisse des volumes et une stabilisation en 2017, le secteur de l’assurance perçoit en 2018 une reprise des encaissements en assurance-vie individuelle. La fédération Assuralia s’attend même à une hausse de 10 à 11%. Surtout en branche 23 (fonds d’investissement) mais également en branche 21 (taux garanti). "Nous avons sans doute atteint le point le plus bas", estime Hans De Cuyper, qui est aussi le président d’Assuralia.

Pourquoi cette reprise alors que les taux garantis sont bien maigres? Parce que, notamment, l’alternative de l’épargne bancaire est encore plus basse…

5,98%

Baisse attendue en auto

Pour la première fois, la fréquence des sinistres est passée en 2017 sous les 6%. L’assurance auto, premier marché en non-vie, pèse 3,8 milliards d’euros et progresse moins que l’inflation (+ 1,4% en 2017). "La branche va perdre en importance dans le futur, estime le président d’Assuralia à titre personnel. La prime moyenne baissera à mesure que la fréquence des sinistres se réduira."

L’offre sera étoffée par la suite, avec des capteurs notamment: détection de fumée, de monoxyde de carbone, de mouvements, d’usage anormal d’appareils ménagers,… Ce service sera testé en fin d’année dans trois communes (Wavre, Asse et Louvain) auprès d’une centaine de seniors et avec quelques courtiers. Son coût? Pas encore fixé.

Pour le développer, AG Insurance a travaillé avec Securitas (pour la centrale d’alarme), Econocom (pour l’IT) et avec Homeras, filiale de l’assureur, pour les travaux de réparation et d’entretien. Par la suite, l’assureur envisage d’autres partenariats, ne fût-ce que pour la distribution du produit. Des contacts sont ainsi pris avec des réseaux de maisons de repos, avec BNP Paribas Fortis également.

Bref, un "écosystème" est en train de se constituer autour d’un assureur pour un service non financier. "Il n’y a pas en soi de lien avec l’assurance mais, par contre, cela va aider à bien vivre sa vie et c’est pour cela que nous le lançons", insiste Hans De Cuyper.

Non-financier

C’est "la" tendance à venir dans le secteur de l’assurance: le développement de services qui vont au-delà de l’assurance. On dit "beyond insurance", comme on dit "beyond banking" dans le secteur voisin. Les assureurs, les banques, a fortiori les bancassureurs investissent dans le digital et se disent tous qu’ils pourraient très bien les développer au-delà des produits strictement financiers. Histoire de fidéliser davantage le client, de lui vendre d’autres services et, ce faisant, de créer de nouvelles sources de revenus. Même si, à ce stade, AG Insurance dit ne pas avoir d’objectif financier derrière cette nouveauté.

"Si tu n’élargis pas tes services, tu menaces ta part de marché."
Hans De Cuyper
CEO AG Insurance

C’est dans le même esprit que Belfius a lancé récemment Jaimy, une plateforme digitale faisant le lien entre des propriétaires de logement (clients ou pas) et des corps de métier pour des travaux de peinture, plomberie, électricité, pose de fenêtre. Idem pour KBC, dont l’app permet désormais payer sa place de parking ou son ticket de bus De Lijn. Ce sont là les tout débuts. La concurrence planche également sur ce type d’offre.

La mobilité, la maison, etc. Chacun tente une première percée dans tel ou tel domaine cherche à anticiper les besoins futurs du client. Une nécessité selon Hans De Cuyper. "Un assureur doit élargir ses services car ce sera relevant pour le client de demain. Si tu ne le fais pas, tu menaces ta part de marché."

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