Ageas a rempli ses caisses : voici des cibles de rachat potentielles

Bart De Smet, CEO d'Ageas. ©BELGA

L’assureur Ageas a levé 500 millions d’euros via des obligations. Son trésor de guerre atteint désormais 1,3 milliard d’euros. De quoi financer l’un ou l’autre rachat en Europe ou en Asie.

Hier matin Solvay qui s’est fortement endetté pour financer le rachat de Cytec en 2015 a décidé de procéder rachat d’une obligation perpétuelle subordonnée d’un montant de 700 millions d’euros.

En fin de journée, l’assureur Ageas , un autre membre du Bel 20, a annoncé, lui, une émission de 500 millions d’euros sous forme d’obligations. Un montant qui pourrait servir à financer des acquisitions et qui a été émis après une révision à la hausse de la note d’Ageas auprès de deux agences de notation après le point final mis au dossier Fortis.

Comme des petits pains

Les titres d’Ageas émis en coupures de 100.000 euros se sont arrachés comme des petits pains. L’offre a été sursouscrite 7 fois. Il s’agit plus précisément d’obligations subordonnées à taux fixe (3,25%) arrivant à échéance en 2049 avec une première date de remboursement en 2029.

Dans son communiqué, Ageas précise que le fonds levés serviront aux besoins généraux du groupe, à optimiser la structure du capital et à renforcer la solvabilité réglementaire.

Tranquilidade 

L’assureur ne cache pas, depuis quelque temps déjà, son intention de procéder à des acquisitions ciblées. Lors d’une interview dans nos colonnes, en février dernier, son CEO, Bart De Smet précisait que son groupe disposait de 750 à 800 millions d’euros de cash disponible. "Mais ce n’est pas parce qu’on a de l’argent qu’on achète" tempérait-il. Ce montant atteint désormais les 1,3 milliard d'euros.

Ageas regarde les opportunités de consolidation dans les marchés où il est présent comme l’Asie. En Europe, cela concerne principalement la Belgique et le Portugal. Le nom de la compagnie d’assurances a été mentionné, en début d’année, par la presse espagnole et portugaise pour le rachat auprès du groupe américain Apollo du holding au-dessus des assureurs Tranquilidade et Açoreana.

Le propriétaire souhaiterait clôturer la vente au début de l’été et ce pour la somme de 600 millions d’euros.

Ethias et Fidea

Lors de cette interview, Bart De Smet a rappelé que son groupe avait marqué son intérêt pour Ethias. Mais ce dossier n’est pas sur la table aujourd’hui."Chez Ethias, plusieurs gouvernements actionnaires décident, donc ce qui va se passer après les élections… je ne suis pas Madame Soleil".

Une autre cible belge pourrait aiguiser l’appétit d’Ageas. Albert Ploegh d’ING ("conserver"; 45,5 euros) mentionnait dans une note du mois de mars le nom de Fidea. En pleine tourmente, son actionnaire chinois Anbang, également propriétaire de la banque Nagelmackers envisagerait de s’en défaire annoncions-nous en juillet dernier.

Fidea est un acteur de taille moyenne dans le monde de l’assurance en Belgique avec une part de marché de 0,9%. Anbang l’a acquis auprès de JC Flowers en 2015 pour 370 millions d’euros.

L'Inde

Enfin, pour terminer ce tour d’horizon, rappelons que CNBC signalait, il y a deux semaines, l’intérêt d’Ageas pour acquérir 23% de plus dans IDBI Federal Life Insurance auprès de la banque indienne IDBI Bank ce qui porterait sa participation à 49%.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect