Ageas rejette une OPA belge

L'assureur belge confirme dans un communiqué de presse qu'un groupe d'investisseurs belges a fait une offre publique d'achat conditionnelle. Mais cette proposition a été rejetée, jugée irréaliste.

Le jour même où Ageas a pu tourner la dernière page importante de Fortis, l'agence de presse financière Bloomberg a rapporté ce vendredi qu'un groupe d'investisseurs belges tentait depuis quelques semaines de racheter l'assureur.

Selon Ageas, les investisseurs, réunis sous le nom de travail BE Group, ont fait une "offre indicative et hautement conditionnelle". Toutefois, cette offre a été jugée irréaliste et le conseil d'administration a donc décidé de ne pas en discuter davantage. Ageas n'a pas souhaité faire de commentaire supplémentaire.

La proposition jugée surréaliste, l'action Ageas gagnait 2,2% ce lundi matin à l'ouverture de la bourse. JP Morgan a relevé son objectif de cours à 50,9 euros contre 47 euros euros. La recommandation reste à "surpondérer".

Banquiers d'affaires belges

L'équipe du BE Group comprend Mark Pensaert, ancien cadre supérieur des banques d'affaires Lazard et Leonardo, qui est maintenant membre du conseil d'administration de Rabobank, et Alexandre Kartalis, qui est directeur chez l'investisseur luxembourgeois Advanced Credit Solutions. Kartalis, un Belge, peut s'appuyer sur des années d'expérience dans des banques d'affaires telles qu'UBS, Merrill Lynch et le Crédit Suisse. Il a également été actionnaire pendant un certain temps d'une filiale du géant américain de Private Equity Blackstone.

Il est impossible à l'heure actuelle de déterminer tous les noms qui se cachent derrière le BE Group. Mais il ressort des bruits de couloirs que l'initiative ne viendrait pas d'un assureur concurrent, mais bien de sociétés de Private Equity. Ce qui est par contre très clair, c'est que les investisseurs devront cracher beaucoup de capitaux pour racheter Ageas. Actuellement, la maison mère du leader du marché belge AG Insurance a une capitalisation boursière de 7 milliards d'euros.

"Une impasse"

D'autre part, les taux d'intérêt bas et les assureurs corona ont pesé sur le cours des actions ces derniers mois: Ageas est aujourd'hui plus de 32% sous son niveau du 1er janvier dernier. Ceci, et le fait que le groupe semble enfin débarrassé de son monstre Fortis, font d'Ageas une proie plus attrayante pour les acheteurs potentiels. En outre, l'actionnariat de l'assureur est particulièrement fragmenté.

Selon Bloomberg, le consortium n'aurait pas encore perdu espoir. Mais selon les sources contactées par la rédaction, un tel scénario semble peu probable. "Ce n'est pas possible pour des raisons financières et autres", déclare un observateur. Ce qu'une autre source a également confirmé. "C'est irréaliste, c'est une boîte vide qui finit dans une impasse."

Ces dernières années, les rumeurs de prise de contrôle se sont multipliées autour d'Ageas. Il y a deux ans, il a été annoncé que Fosun, le conglomérat chinois qui contrôle également le Club Med, lancerait une offre. Mais ces rapports ont été démentis par Ageas. Fosun possède un peu plus de 5 % d'Ageas et est donc, avec le Chinois Ping An, le plus grand actionnaire du groupe. Ping An en possède également plus de 5 %.

La nouvelle de l'offre publique d'achat clôt une semaine plutôt chargée pour Ageas. Non seulement il est devenu clair ce vendredi que le groupe ne devait pas aller au pénal dans le dossier Fortis, alors que lundi, Ageas avait également annoncé que le CEO Bart De Smet passera le flambeau après onze ans à Hans De Cuyper, l'actuel patron de la filiale AG Insurance. Si les investisseurs autour du BE Group poursuivent leur offre, De Cuyper sait déjà comment il remplira ses premiers jours en tant que CEO.

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