Ageas se renforce en Inde, un pays "au même potentiel que la Chine"

©Ageas

L’assureur Ageas prend 40% dans RSGI, un assureur non-vie en Inde, pour 186 millions d’euros. Du côté de l’accord Fortis, 175.000 demandes d’indemnisation ont déjà été rentrées. À ce stade, seuls 150 investisseurs ont choisi de refuser l’accord.

Ageas annonce, en parallèle à ses résultats financiers sur 9 mois, une prise de participation de 40% dans Royal Sundaram General Insurance (RSGI), un assureur non-vie indien principalement actif en assurance auto et santé.

Ageas déboursera 186 millions d’euros pour cette transaction qui devrait être finalisée au cours du 1er semestre 2019. Le prix payé correspond au montant qu’Ageas touchera de son désengagement de Cardif Lux Vie au Luxembourg (182 millions d’euros), annoncé fin octobre et censé être bouclé d’ici la fin de l’année.

Sur la dernière année (clôturée en mars), RSGI a encaissé pour 321 millions d’euros de primes et a dégagé un bénéfice net de 10 millions d’euros. Ageas souligne la croissance de son nouveau partenaire: depuis 2015, les encaissements ont progressé de 19% par an en moyenne et les profits nets de 55%.

"Comme en Chine"

"Nous considérons que l’Inde a un potentiel comparable à celui de la Chine, mais avec un certain retard", nous explique le CEO d’Ageas, Bart De Smet. "Tôt ou tard, ce potentiel de croissance va se réaliser. En Asie de manière générale, l’assurance non-vie est moins développée, ce qui présente des opportunités pour le futur."

C’est un des axes que s’est fixé Ageas dans son nouveau plan stratégique à l’horizon 2021 : se développer en non-vie en Asie, là où l’assureur est déjà présent en vie. C’est le cas avec l’Inde, où le groupe belge est déjà présent en vie, au travers d’IDBI Federal Life Insurance dont il détient 26% et représente 46 millions d’euros de primes encaissées sur les trois premiers trimestres de 2018. La surface d’Ageas va donc substantiellement s’agrandir en Inde avec cette acquisition de 40% de RSGI.

En Asie, la Chine est de loin le premier pôle d’activité d’Ageas (via ses 25% dans l’assureur vie Taiping), où les encaissements (part d’Ageas) pèsent 3,5 milliards d’euros sur les 9 premiers mois, soit 44% des volumes totaux. La Belgique par comparaison pèse moins lourd : 2,2 milliards d’euros de primes encaissées sur la même période.

→ En Asie, le résultat net dégagé par Ageas sur les 9 premiers mois de l’année atteint 210 millions d’euros (+7% sur un an), la croissance du business chinois étant contrebalancée par des dépréciations sur actions.

En Belgique, le résultat net pointe à 306 millions d’euros (-16% sur un an) et ce, après l’impact des tempêtes (29 millions d’euros), de moindres plus-values immobilières (elles devraient se produire au 4e trimestre) et de dépréciations sur actions.

Au total sur 9 mois, le résultat net d’Ageas atteint 656 millions d’euros, bien supérieurs aux 360 millions d’euros dégagés un an plus tôt. Plusieurs éléments non opérationnels avaient joué l’an dernier, notamment la prise d’une provision complémentaire de 100 millions d’euros dans le règlement Fortis.

Accord Fortis: 175.000 dossiers déjà rentrés

À ce propos, Bart De Smet a chiffré les avancées enregistrées à ce stade dans le règlement de l’accord Fortis:

  •  Au 1er novembre, 175.000 personnes ont introduit un dossier de demande d’indemnisation (les investisseurs ont jusqu’au 28 juillet 2019 pour le faire). "Nous nous attendons à ce qu’au total, 150.000 à 200.000 dossiers soient introduits, nous sommes donc dans les clous."

  • Les investisseurs qui, par contre, ont choisi l’ "opt out", c’est-à-dire de ne pas accepter les conditions d’indemnisation prévues par l’accord à l’amiable, ne sont pas nombreux à ce stade. "150 personnes ont choisi l’opt out et représentent moins de 0,03% du montant total" d’indemnisation prévu (1,3 milliard d’euros). "Nous sommes donc assez confiants sur la suite du déroulement de ce dossier", glisse Bart De Smet.

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