Ageas tire profit de l'appétit croissant des Chinois pour l'assurance-vie

Associé à Taiping, Ageas revendique la place de 6e assureur en Chine. ©REUTERS

L'Asie tire la croissance du groupe.

"Le plus grand danger dans le secteur financier, c’est quand tout le monde copie tout le monde. Nous avons opté pour une combinaison Europe-Asie et nous pensons qu’elle est bonne." C’est in fine en ces mots que Bart De Smet, le CEO d’Ageas , soutient la stratégie de la maison.

Au vu des résultats semestriels publiés mercredi, on peut lui accorder que ce choix s’avère actuellement payant. "2015 dans son ensemble sera une bonne année pour Ageas", balise-t-il.

L’Asie devant la Belgique

C’est en effet en Asie, où il a développé des partenariats essentiellement en assurance-vie, que l’assureur va désormais le gros de sa croissance. Pour la première fois au deuxième trimestre 2015, le bénéfice net généré en Belgique (102 millions d’euros) a été inférieur à celui dégagé en Asie (154 millions d’euros), boosté il est vrai par des "résultats d’investissement exceptionnels" enregistrés en Chine pour quelque 100 millions d’euros et par un effet de change favorable.

Pour les six premiers mois de l’année, l’Asie contribue pour 212 millions d’euros au bénéfice net (+ 133%), la Belgique pour 197 millions d’euros (+ 2%), l’Europe continentale (Portugal, France, Luxembourg, Italie, Turquie) pour 55 millions d’euros (+ 49%), le Royaume-Uni pour 40 millions d’euros (+ 26%). Telle est aujourd’hui la géographie des bénéfices chez Ageas.

Bart De Smet s’inquiète-t-il dès lors des signes de faiblesse apparus en Chine? "La croissance économique est en train de diminuer mais nous allons continuer à croître à deux chiffres en Chine, affirme le CEO. Le taux de pénétration des produits d’assurance-vie y est encore très inférieur à ce que l’on connaît dans les marchés mûrs et les autorités chinoises stimulent ce type d’investissements."

Sur le premier semestre 2015, les primes encaissées atteignent 16,6 milliards d’euros (+ 21% sur un an), compte tenu d’un effet de change positif de 13%. La part d’Ageas (l’assureur est en partenariat dans de nombreux pays) est de 7,3 milliards d’euros (+13%).

Le bénéfice net atteint 469 millions d’euros, contre 31 millions au 1er semestre 2014 (marqué notamment par une provision de 130 millions d’euros dans le cadre du dossier judiciaire Fortis au Pays-Bas).

Le ratio combiné (frais et sinistres/primes) s’améliore à 95,2% (contre 102%). Lescapitaux propres sont à 11,1 milliards d’euros (+ 21%) ou 51,58 euros par action (+ 25%).

En Belgique, l’encaissement recule de 7% à 2,9 milliards d’euros, la baisse provenant de l’assurance-vie. Le bénéfice net atteint 197 millions d’euros (+ 2%), le ratio combiné s’améliore à 94,6% (contre 105,7%).

Le portefeuille de placements atteint 81,3 milliards d’euros, dont 45% d’obligations d’État, 32% d’obligations d’entreprises et 5% d’actions.

Les renouvellements de primes pèsent d’ailleurs 3,2 milliards d’euros au premier semestre et sont en hausse de 55%, pour un encaissement total de 7,4 milliards d’euros (+ 54%), peut-on lire dans les comptes d’Ageas.

"Ce n’est que le début"

Quant à la correction observée sur la Bourse de Shanghai, elle ne paraît "pas anormale" au CEO d’Ageas, si l’on se rappelle que le marché chinois avait doublé de valeur au cours des 12 mois précédents. "Je suis convaincu que pour Ageas, ce n’est que le début en Chine, les réserves gérées sont en croissance et le seront encore pour un moment."

En Chine, Ageas est présent via Taiping Life, dont le groupe belge détient 24,9%. Une participation qui, selon Bart De Smet, "doit actuellement valoir de 1,5 à 2 milliards d’euros. Mais nous ne sommes pas vendeurs".

Serait-il par contre prêt à céder la filiale (à 100%) d’Ageas à Hong Kong, comme certaines sources de marché l’ont mentionné il y a trois semaines?"Nous ne commentons jamais les rumeurs de marché."

Rachat d’actions, la suite

Du côté des acquisitions possibles, Bart De Smet rappelle que la maison dispose de 1,8 milliard de liquidités et que la politique est de scruter, d’une part en Europe là où Ageas est déjà présente, et d’autre part trois marchés asiatiques: l’Indonésie, les Philippines et le Vietnam.

Ceci n’empêche pas l’assureur de lancer un programme de rachat d’actions de 250 millions d’euros, qui courra sur un an. C’est la cinquième opération du genre en cinq ans; en tout, l’assureur y aura consacré 1,15 milliard d’euros.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect