Ageas versera un dividende pour 2019 en deux fois

Bart De Smet, CEO d'Ageas, affirme être convaincu de la solidité d'Ageas, mais entend les appels à la prudence des régulateurs.

Ageas confirme qu'il versera un dividende de 2,65 euros au titre de 2019. Le groupe proposera à son assemblée de distribuer ce dividende en deux étapes: en mai et en octobre.

"Ageas  a pleinement tenu compte des recommandations émises par l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles et par la Banque Nationale de Belgique relatives à la demande de différer le paiement de dividende jusqu’au 1er octobre 2020", lit-on dans un communiqué diffusé ce mercredi par le groupe d'assurance. Ageas confirme toutefois qu'il ne renonce pas à distribuer un dividende au titre de son exercice 2019. Il suit toutefois les avis des autorités au niveau de sa distribution.

Un dividende, deux versements

2,65
euros
Ageas prévoit un dividende de 2,65 euros par action, payé à hauteur de 0,27 euro après l'AG de mai et de 2,38 euros après l'AG d'octobre.

Concrètement, le conseil d'administration proposera à l'assemblée générale du 20 mai le paiement d’un dividende initial de 0,27 euro par action. Une seconde assemblée sera organisée le 20 octobre; assemblée à laquelle sera soumise la proposition de payer un dividende intermédiaire 2,38 euros par action, pour arriver au dividende total de 2,65 euros annoncé.

Ageas assez solide

La direction considère que le groupe dispose d'une certaine solidité financière. "La trésorerie totale d'Ageas s'élevait à 2,2 milliards d'euros à la fin de l'année dernière et reste élevée, même si l'on tient compte des 0,5 milliard d'euros réservés au règlement Fortis et des 0,5 milliard d'euros décaissés au premier trimestre 2020 pour l'appel d'offres sur les titres Fresh réalisée fin 2019."

"Une décision financièrement logique"

Investisseurs et analystes ont salué l’annonce d’Ageas de verser son dividende en deux parties. En bourse, l’action a gagné jusqu’à 4,24% avant d’être rattrapée par la vague de prises de bénéfices qui a sévi sur les marchés européens. Chez Degroof Petercam, on comprends la décision de verser un dividende initial de 0,27 euro car cela permet d’éviter une dilution pour les actionnaires existants. «Par contre, nous sommes surpris par la poursuite du programme de rachat d’actions», indique l’analyste Bart Jooris, qui parle d’un «choix risqué».

Un avis que ne partage pas Michel Ernst, stratégiste chez CBC Banque. «Avec cette décision, Ageas indique qu’elle considère son titre comme bon marché. C’est un signal psychologique fort que la société envoie au marché». Il signale que l’assureur belge est sous-valorisé par rapport à ses pairs européens. Son ratio price-to-book est de 0,6 contre 0,9 pour la moyenne du secteur.

«En plus, Ageas a une structure financière extrêmement solide qui lui permet de continuer à verser un dividende. D’un point de vue purement financier, sa décision est logique». D’autant qu’avec un rendement de dividende de 5,4% net, c’est le genre d’action particulièrement recherchée par les investisseurs en ce moment.

 

Elle ajoute que le dividende constitue une part importante des revenus des actionnaires individuels du groupe ainsi que de nombreux fonds de pension et autres investisseurs institutionnels. 

Notons par ailleurs qu'Ageas poursuivra aussi son programme de rachat d'actions. Ce programme porte sur un montant total de 200 millions d'euros, dont environ 137 millions ont déjà été réalisés en date du 3 avril.

La semaine dernière, Axa avait annoncé ne prendre aucune décision sur ses dividendes. L'assureur français, également présent en Belgique, avait tout au plus reporté en juin, la date de son assemblée générale pour se donner le temps de discuter avec les autorités régulatoires.

Pouvoir faire face

La semaine dernière, l’autorité européenne de l’assurance et des pensions (EIOPA) avait demandé aux assureurs et réassureurs européens de suspendre temporairement la distribution de leurs dividendes et les programmes de rachat d’actions propre. Mardi, la Banque Nationale de Belgique lui a emboîté le pas à titre prudentiel; et ce pour conserver au maximum leurs capitaux afin de pouvoir résister aux pertes potentielles générées par la pandémie.

Des mesures similaires ont été demandées aux banques tant par le régulateur européen que par les régulateurs nationaux.

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